Économie d'énergieAvec la technologie de recharge bidirectionnelle, le véhicule électrique devient un acteur énergétique.Publié le 20/05/2026 à 18h30Le BMW iX3 est compatible avec la fonction V2H, qui permet d’alimenter sa maison avec l’électricité stockée dans la batterie de la voiture. DRDe plus en plus de constructeurs (Renault, BMW, Hyundai…) et de fabricants de bornes de recharge misent sur des solutions de recharge bidirectionnelle (vehicle-to…). Cette technologie permet d’utiliser la batterie du véhicule pour alimenter un appareil (V2X), un bâtiment (V2B), une maison individuelle (V2H) ou le réseau électrique (V2G). Autant de possibilités qui pourraient révolutionner l’usage des flottes de véhicules électriques.L’idée est de mettre à contribution les kilowattheures stockés dans leur batterie pour optimiser la gestion énergétique d’un bâtiment ou d’une maison individuelle. Dans le cadre domestique, le V2H permet en effet de réduire les factures d’électricité, d’équilibrer la consommation journalière, voire de sécuriser l’alimentation en cas de coupure de courant.Par exemple, après une recharge la nuit aux heures creuses à tarif avantageux, la voiture électrique peut servir à restituer de l’énergie à bas coût dans la maison, plus tard dans la journée aux heures pleines, et lisser ainsi un pic de consommation domestique. Mieux, si la maison est équipée de panneaux photovoltaïques, le véhicule peut aussi stocker l’énergie solaire à certains moments de la journée et favoriser ainsi l’autoconsommation avec de l’électricité décarbonée.350 euros d’économies annuellesSelon une étude d’EDF et de l’Ademe, la recharge bidirectionnelle pourrait générer jusqu’à 350 euros d’économies par an, entre recharge en heures creuses et restitution en heures pleines. Un argument de poids pour les services RH des entreprises, qui poussent leurs collaborateurs à adopter des voitures de fonction électriques. Outre le gain en pouvoir d’achat pour le salarié, le V2H permettrait de valoriser concrètement la stratégie RSE de la société. A fortiori quand le collaborateur fait du télétravail : son véhicule électrique contribue alors encore plus aux économies d’énergie du foyer.Reste qu’en France, il n’existe pas de véritable cadre réglementaire pour la pratique du V2H en maison individuelle comme en copropriété. Les démarches sont longues et complexes : il faut obtenir l’autorisation d’Enedis et justifier d’une installation certifiée conforme par le Consuel.En attendant que la situation évolue pour les particuliers, plusieurs expérimentations de recharge bidirectionnelle sont en cours dans des entreprises et des collectivités. Les sociétés Titi Floris à Nantes, Hotravail en Occitanie ou le quotidien Nice-Matin testent actuellement cette technologie avec leurs véhicules de flotte. Tandis qu’à Belle-Île-en-Mer, le projet Flexmob’île utilise des voitures électriques pour le stockage des excédents solaires.Mais le projet le plus emblématique reste Evve (valorisation environnementale du stockage virtuel d’électricité). Lancé en 2024 et piloté par la société Dreev (EDF-Nuvve), il fédère des acteurs de poids comme Arval (BNP Paribas), Enedis, Izivia, Stellantis et Volkswagen Group France. L’objectif est de déployer 800 bornes bidirectionnelles, soit l’équivalent d’une centrale électrique de 8 mégawatts, pour éviter 25 000 tonnes d’émissions de CO2 par an.Les différentes fonctions de la recharge bidirectionnelleV2X (vehicle-to-X) : alimentation d’un appareil électrique.V2H (vehicle-to-home) : alimentation du domicile.V2B (vehicle-to-building) : alimentation d’un bâtiment professionnel.V2G (vehicle-to-grid) : alimentation du réseau.