Le Parlement ne s’est pas opposé ce mercredi à la nomination d’Emmanuel Moulin, ex-secrétaire général de l’Élysée, à la tête de la Banque de France. Il avait promis ce mercredi devant les parlementaires d’être « un homme libre » et « indépendant » à ce poste, balayant les craintes de trop grande proximité avec le pouvoir.🔔 Le Parlement ne s'oppose pas à la nomination d'Emmanuel Moulin à la fonction de gouverneur de la Banque de France, proposée par le président de la République. #DirectAN pic.twitter.com/GnddtiKA4t— Assemblée nationale (@AssembleeNat) May 20, 2026
Une majorité des parlementaires des deux chambres s’est prononcée contre la nomination de ce proche du chef de l’État (58 voix contre, 52 pour), mais en vertu des règles il aurait fallu que les trois cinquièmes des suffrages exprimés soient défavorables, pour entraver la nomination.« Je me tiens donc devant vous en homme libre, en homme du service public qui sert l’État depuis 30 ans et qui s’engage à exercer ses fonctions en toute indépendance, en toute impartialité », avait déclaré Emmanuel Moulin lors de son audition devant la commission des Finances du Sénat.« Jamais je n’ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser »« Jamais je n’ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser, ni mon indépendance. J’ai exercé mes fonctions sous différents gouvernements avec pour constante boussole l’intérêt général », avait ajouté cet ancien directeur du Trésor de 57 ans. « Je ne pense pas que ma carrière soit uniquement liée à celle du président actuel », avait-il insisté lors d’une deuxième audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, interrogé sur le fait d’être « un fidèle » d’Emmanuel Macron.Pour convaincre les parlementaires, Emmanuel Moulin avait assuré réunir les quatre qualités nécessaires à un gouverneur de la Banque de France : une « expérience riche et diversifiée en matière de politique économique », une « indépendance sans failles », des « capacités de management » et « un profil européen et international très affirmé ».Il avait par ailleurs détaillé les sujets prioritaires qui devraient retenir son attention s’il était nommé : « La stratégie monétaire dans un contexte marqué par une résurgence de l’inflation » avec la guerre au Moyen-Orient, « la souveraineté européenne en matière monétaire » ou encore « la stabilité financière ».Il s’était notamment dit « favorable » au projet d’euro numérique, estimant qu’« il s’agit d’un atout essentiel pour la souveraineté monétaire ». Il avait également assuré « s’engager à maintenir le rôle de proximité de la Banque de France » en « conservant une succursale dans chaque département ».Haut fonctionnaire ayant gravi tous les échelons financiers de l’État, Emmanuel Moulin a débuté sa carrière au Trésor. Directeur adjoint du cabinet de l’ex-ministre de l’Économie Christine Lagarde en 2007, il avait rejoint l’Élysée en 2009 comme conseiller économique du président Nicolas Sarkozy.Après un passage dans le privé (Eurotunnel puis Mediobanca), il était revenu en 2017 au ministère des Finances comme directeur de cabinet de Bruno Le Maire. Il avait ensuite été nommé directeur du Trésor fin 2020, directeur de cabinet de l’ex-Premier ministre Gabriel Attal en 2024 et secrétaire général de l’Élysée en 2025.











