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Il coche toutes les cases, y compris celle, encombrante, de rouage-clé de la macronie. Les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ne se sont pas opposées mercredi 20 mai à l'arrivée à la tête de la Banque de France de l'ancien secrétaire général de l'Élysée Emmanuel Moulin, choix d'Emmanuel Macron pour occuper ce poste.

Une majorité des parlementaires des deux chambres s'est prononcée contre la nomination de ce proche du chef de l'État (58 voix contre, 52 pour), mais en vertu des règles il aurait fallu que les trois cinquièmes des suffrages exprimés soient défavorables, pour entraver la nomination. Il doit sa nomination de justesse aux voix du Sénat, où il a récolté 12 contre et 27 pour, tandis que les députés ont été plus sévères (46 contre et 25 pour).

L'hypothèse d'un supposé accord entre le Sénat et l'Élysée, en échange d'une nomination comme Défenseur des droits du sénateur LR et ancien ministre François-Noël Buffet, a eu un certain écho dans les rangs de la droite, même si l'entourage de Gérard Larcher continue de le réfuter.

Il se présente en "homme libre"Emmanuel Macron avait proposé Emmanuel Moulin pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête d'une institution économique incontournable, qui a notamment la charge de garantir la stabilité monétaire. Ce choix avait été vu par ses critiques comme un nouveau "recasage" d'un proche du président, après les nominations de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel et d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.