Hier encore, la quasi-totalité s’appelaient « ESC » (école supérieure de commerce), auquel était simplement accolé le nom de leur ville. Jusqu’à ce qu’un vent international vienne leur souffler l’idée de se muer en Business School, ou, pour les plus audacieuses, en School of Business. Mais s’il n’y avait que leurs noms… Ces écoles présentent des similitudes à tous les étages. Pour un candidat souhaitant trouver la sienne, il faut donc creuser ! Bonnet blanc ou blanc bonnet ?Même généralistes, les écoles d’ingénieurs conservent toujours une sorte de spécialité maison : télécommunications pour l’une, travaux publics pour l’autre, etc. De leur côté, leurs consœurs commerciales ont plutôt tendance à… rester tendance. Toutes pionnières du digital il y a quinze ans, elles sont devenues des figures de la transition écologique dans les années 2020, puis expertes de l’IA – en attendant la suite. À voir aussi« Présenter les choses ainsi est un peu injuste ! Quelle école pourrait faire l’impasse sur des sujets aussi importants ? », oppose Armelle Dujardin-Vorilhon, directrice des études et de l’expérience étudiante de l’Iéseg, présente à Lille (Nord) et Paris. Ce serait effectivement compliqué. Mais dès lors, comment afficher sa différence autrement que par le classement ? « Nous évoluons dans un écosystème fait de normes et de standards »Tamym Abdessemed, directeur général d’Excelia, à La Rochelle (Charente-Maritime), tente un parallèle avec le patinage artistique. D’un côté, il y a les figures imposées. « Nous évoluons dans un écosystème fait de normes et de standards : celui des Grandes écoles », rappelle-t-il. Leurs similitudes doivent être vues comme une garantie de qualité, plutôt que décriées : « C’est ce qui fait toute la différence avec les établissements qui n’ont que leurs propres règles à faire valoir », défend-il. Puis il y a les « figures libres », soit le moyen de se différencier, une fois membre du club. « Celles-ci peuvent émaner de l’histoire de l’école, des secteurs phares de son territoire, ou encore de son statut (établissement d’intérêt général, à but lucratif, etc.) », poursuit Tamym Abdessemed. L’un des grands sujets de spécialisation d’Excelia l’illustre : la Blue Education Experience [comprendre le management et la transition écologique par le prisme de l’eau, ndlr], qui irrigue ses cursus. Idée qui n’aurait pas vu le jour sans l’océan sous ses fenêtres.En pôle sur un domaineCertaines ont avancé leurs pions dans un domaine précis. Exemples ? La technologie pour Skema – présente à Paris, Lille et Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) –, qui a tôt et massivement investi sur l’IA. Parti pris qui se traduit par un socle d’enseignement dense sur le sujet, des cursus dédiés pour qui souhaite se spécialiser, et même un centre de recherche. Pas uniquement du marketing, donc. D’autres jouent la carte de l’entrepreneuriat, à l’instar d’Emlyon ou EDC Paris. Incubateurs très structurés, accompagnement sur mesure, accès à des réseaux d’experts et de financeurs : autant d’atouts concrets pour l’étudiant qui a un projet en tête, ou envie d’en lancer un. La différence peut aussi se loger dans des dimensions plus discrètes. Ainsi, quand on demande à l’Iéseg ce qui la rend unique, elle répond : « L’accompagnement. » Jolie notion. Mais comment en faire autre chose qu’un discours ? « La seule recette, c’est la présence humaine, un fort taux d’encadrement, la disponibilité permanente », entame Armelle Dujardin-Vorilhon. C’est aussi la personnalisation. À celui des étudiants entrepreneurs, l’Iéseg a ajouté une série de « statuts » particuliers, offrant la possibilité d’aménager son cursus : pour les artistes, sportifs de haut niveau, réservistes (pompiers volontaires, par exemple) ou encore proches aidants. « On ne peut pas dire que nous aimons les étudiants engagés et leur demander de tout mettre entre parenthèses une fois chez nous », justifie-t-elle. Gérer ces contraintes relève tout de même du casse-tête logistique (condenser les cours, jongler avec les absences imprévues, etc.). Moins clinquant qu’un bâtiment neuf dédié à l’IA, c’est sûr. Mais à chacun sa signature.
IA, international, expérience étudiante... Les écoles de commerce sont-elles si différentes les unes des autres ?
Il faudrait une bonne dose de mauvaise foi pour dire qu’elles ne se ressemblent pas. Lancées dans une concurrence mondiale, les écoles jouen















