Idées et débatsGrand entretien. Dans "Picky", l’historienne Helen Zoe Veit raconte comment les enfants sont devenus difficiles à table, et donne ses conseils aux parents pour leur réapprendre à manger de tout, sans que cela devienne une source de stress. Propos recueillis par Thomas Mahler et Laurent BerbonPublié le 17/05/2026 à 17:00, mis à jour le 18/05/2026 à 17:55bookmark"Au début du XXe siècle, la plupart des établissements n’avaient pas de menus spéciaux pour les enfants. À la place, ils proposaient n’importe quel plat de la carte en demi-portion, à moitié prix. On est alors très loin de cette gamme limitée que l’on retrouve aujourd’hui partout : nuggets, hamburgers, etc.", explique l’historienne spécialiste de l'alimentation Helen Zoe Veit.

ShutterstockLes enfants difficiles à table ? Fut un temps, pas si éloigné de nous, où ces derniers mangeaient de tout. Pas toujours par contrainte, mais souvent par envie. Haricots cuits au four, galettes de morue, navets, tourte à la viande hachée, crustacés… Tels étaient quelques-uns des plats préférés d’un jeune garçon de la Nouvelle-Angleterre dans les années 1850. A l’époque, les aliments ultratransformés, le marketing publicitaire et les théories freudiennes ou la psychologie positive n’étaient pas encore passés par là. Dans le formidable Picky: How American Children Became the Fussiest Eaters in History (St. Martin’s, 2026, non traduit), Helen Zoe Veit décrit comment, en l’espace de quelques décennies, les jeunes Américains sont devenus "les mangeurs les plus difficiles de l’histoire". Aliments industriels hyperappétissants, légumes moins frais et moins savoureux qu’autrefois, grignotage, montée de la consommation de sucre… Cette historienne, professeure à la Michigan State University, revient aux origines d'une "tempête" alimentaire qui frappe le monde entier.