Tables en vueSuperbes produits et esprit malaisien sont au programme de cette nouvelle table, emmenée par le duo Jonathan Caron et Manogeran Shasitharan.Publié le 15/04/2026 à 18h30La trilogie de Saint-Jacques, chez Mantra à Paris (IXe). AURORE NGUYENJonathan Caron et Manogeran Shasitharan. Si ces deux noms vous disent quelque chose, c’est, peut-être, que vous lisez, depuis quelque temps, Le Point et sa rubrique gastronomie ! Après L’Itinérance, table de l’hôtel du même nom, situé à Mers-les-Bains, dans la Somme, chroniquée en 2024 ici même, voilà le tandem installé à Paris.Le restaurateur français et le chef malaisien y écrivent le deuxième chapitre de leur histoire commune dans un écrin sombre et épuré d’une quinzaine de couverts, doublé d’une cuisine ouverte, voulu par ce dernier, et sans doute plus adapté à son répertoire culinaire. Lequel s’avère toujours foisonnant et à l’ADN inchangé : de belles intentions contemporaines et des produits de grande qualité piqués de parfums d’ailleurs, d’Asie du Sud-Est en général et de Malaisie en particulier.Il y a quelques semaines, la Saint-Jacques avait ainsi droit à de formidables égards, servie en trois temps et autant d’inspirations : crue, dans une marinade à la rose ; pochée, toisée d’une rondelle d’orange sanguine et doublée d’un morceau croustillant de poitrine de porc ; rôtie et nappée d’une émulsion légère aux notes de curry et de tamarin.Remarquable cuisson pour le maquereau, accompagné d’un bonbon de carottes confites et d’une grosse cuillère de rasam indien, et le tronçon de homard, servi avec un jus de homard concentré et pimenté, façon sambal malaisien. Un plat que le chef réalisait déjà dans le Nord tout comme son épatant et très graphique chou-rave travaillé en pastrami, toisé d’une feuille croustillante de chou kale. Les séquences, parfois de simples bouchées, filent sans que l’on s’en aperçoive jusqu’à un percutant final sucré, entre mousse chaude au chocolat et caramel à la crevette grise. Du réconfort et de l’audace, à l’image du répertoire du chef, à la fois complexe et marqué du sceau de la sincérité.Mantra. 17, rue Claude Rodier 75009 Paris. Menus : 39 (déj.), 89 et 145€.Le shopping du goûtBasco-nipponDans ce coffee shop parisien, le produit phare, le thé matcha, côtoie une déclinaison de cheesecakes basques revisités à la japonaise, c’est-à-dire sans pâte, bien caramélisés et fondants voire coulants à cœur. Au-delà des goûts typiquement nippons, dont le délicieux sésame noir, ce petit gâteau carré originaire de Saint-Sébastien se décline aussi en mochi. D.R.Hoso Basque. 44 rue Saint-Antoine, 75004 Paris. Cheesecakes de 6 à 8 €.Le coup de cœur du cavisteJean-Noël Colas et Baptiste Houssin, A Lot of Wine Paris (75004)« Un beau terroir, un millésime frais, une bouche aérienne et bien équilibrée, cette cuvée de Saint-Joseph, cru de la vallée du Rhône septentrionale, donnera un accord complexe sur une côte de bœuf. L’élevage de 18 mois en fûts apporte à ce vin un côté légèrement toasté qui s’associe très bien avec la note grillée de la viande. »Martine & Christian Rouchier, La Chave 2021, Saint-Joseph, 47 €.Propos recueillis par O.B.