25 juin 2026 14:02Des bistrots de quartier aux tables les plus en vue, Paris regorge d’adresses où bien manger. Voici nos favorites.Le 21Derrière sa façade discrète de la rive gauche, Le 21 entame un nouveau chapitre sous l’impulsion du chef américain Braden Perkins, figure bien connue de la scène gastronomique parisienne avec des passages chez Hidden Kitchen, puis Verjus et Ellsworth, près du Palais-Royal. Aujourd’hui, il insuffle à cette adresse une vision personnelle de l’hospitalité: ici, pas de choix à faire ni de carte à décortiquer. Dès l’arrivée, une coupe de champagne marque le début de la soirée et il ne reste plus qu’à se laisser porter par le rythme d’un menu unique.Lors de notre passage, c’est le chef lui-même qui assurait une partie du service, présentant les assiettes dans un français teinté d’un charmant accent anglo-saxon. Sa cuisine, centrée sur le produit et les saisons, privilégie les légumes sans renier quelques clins d’œil marins. On a aimé sa générosité : Braden Perkins encourage volontiers les convives à saucer chacun de ses plats jusqu’à la dernière goutte. Une invitation difficile à refuser tant sa brioche maison ou son pain aux algues sont à tomber.Datil"Le restaurant est un vain mot s’il n’est pas synonyme de générosité et de joie." Une phrase de Manon Fleury qui donne immédiatement le ton chez Datil, son restaurant étoilé de la rue des Gravilliers, dans le 3ᵉ arrondissement. Nous y avons déjeuné autour d’un menu en cinq séquences faisant la part belle au végétal. Un végétal gourmand, généreux et profondément réjouissant. Très suivie sur les réseaux sociaux, Manon Fleury s’y distingue surtout par la cohérence de son engagement et la précision de sa cuisine.Datil a quelque chose d’un cocon dans le tumulte parisien. Ce midi-là, le service était presque exclusivement féminin. Nous avons particulièrement apprécié les échanges avec Léanna, la sommelière, dont nous buvions les paroles autant que les accords. Même le passage aux toilettes réserve une surprise: les voix des producteurs avec lesquels travaille Manon Fleury y résonnent sous forme de capsules audio, comme un podcast discret qui prolonge le récit de l’assiette. Une attention supplémentaire qui rappelle à quel point cette table est avant tout une histoire de femmes, d’hommes et de produits.Le CornichonChez Cornichon, on aime le semainier annoncé sur Instagram. Ce midi-là: crevettes cocktail et poulet rôti. Du basique, un brin ringard mais seulement dans les intitulés. Car derrière cette carte qui joue avec les classiques se cache le travail de Bertrand Chauveau, passé chez Jean-François Piège, et de son associé Paul-Henri. On y est allés pour le déjeuner, auquel nous avons ajouté leur mémorable crudo de saint-jacques servi dans sa coquille, ainsi qu'un Bloody Mary coiffé d'une branche de céleri. Et détail qui n’en est pas un: la bière au fût n’est autre que notre nationale Jupiler.© MATTEO VERZINILa devanture évoque un PMU de quartier. À l'intérieur, nappes en papier, comptoir à loto, flipper et néon en forme de vague au-dessus du zinc composent un décor à la fois familier et très parisien, conçu l’air de rien par l'agence d'architecture d'intérieur Claves. Une adresse où l'on vient autant pour l'ambiance que pour l'assiette, dans un registre simple mais très maîtrisé. À savoir: on peut réserver en journée, mais pas en soirée.EmeEntre Bastille et la place des Vosges, Eme est l'adresse ouverte par le couple uruguayen Nazareno Mayol Curti et Mara Ballester. Le soir, la salle baignée de bougies, la bande-son jazz et le décor imaginé par Mara composent une atmosphère feutrée sans être guindée. Lui est passé par Astrid y Gastón, Mauro Colagreco, David Toutain et Fulgurances; elle a fait ses armes auprès de la famille Bras et d'Albert Adrià.Le menu dégustation déroule une partition précise, nourrie par les voyages du chef et ponctuée de références discrètes à ses origines uruguayennes. L'acidité, les vinaigres, les condiments et les fermentations servent de fil conducteur à l'ensemble. Parmi les plats qui nous ont marqués: les asperges blanches relevées d'ail des ours et de coriandre, mais surtout ce cabillaud accompagné de levure toastée et de lait fermenté. Une cuisine épurée, expressive et très personnelle, qui donne à Eme des allures de futur grand.La Poule au PotDans la famille Piège, on demande… La Poule au Pot! Un classique, on pourrait dire. Avec néanmoins ce petit truc en plus. Ce soir-là, Mylène Farmer, Julien Clerc et Gilbert Montagné en playlist. Dans l’assiette, les œufs mayo et toute la clique, suivis d’un tartare en guest star préparé au chariot. Des classiques qui s’encanaillent dans un bistrot très parisien, où l’on vient autant pour l’ambiance que pour la cuisine. Car derrière cette institution des Halles se cache une histoire qui remonte à 1935, époque où l’adresse accueillait gourmands et noctambules jusqu’au petit matin.© Hervé Goluza.Un temps tombée dans l’oubli, La Poule au Pot a retrouvé des couleurs lorsque Jean-François et Élodie Piège en ont repris les rênes en 2018. Sans toucher à son ADN, le couple a conservé l'essentiel du décor mythique : banquettes, boiseries, argenterie chinée et cette atmosphère de bistrot chaleureux dont Paris a le secret. À la carte, une cuisine bourgeoise: gratinée à l’oignon, poule au pot, goujonnettes de sole ou encore île flottante. Une adresse où se croisent habitués du quartier, touristes de passage et amoureux des grandes tables parisiennes. 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Paris à table : nos adresses favorites
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