Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Festival de Cannes 2026 Festival de Cannes 2026 Festival de Cannes 2026 Le Russe Andrei Zviaguintsev met l’esthétique de son film, tourné en Lettonie, au diapason de la noirceur morale qu’il dépeint. Article réservé aux abonnés SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION Entrée en lice, ce jour, du réalisateur russe Andrei Zviaguintsev, 62 ans. Il fut, longtemps, l’une des dernières grandes figures du cinéma d’auteur russe. Un signe miraculeusement vivant que, peut être, l’art, l’esprit, la liberté de penser et de s’opposer pourraient encore être tolérées en Russie. On n’en est plus là. Le durcissement du pouvoir, la guerre intérieure autant qu’extérieure ont fait s’exiler les artistes de ce pays. Zviaguintsev, quant à lui, a connu bien des vicissitudes depuis son dernier film, Faute d’amour, sorti en 2017. Difficulté de tournage, crise du Covid, maladie dont il fut victime d’une forme longue, frôlant la mort, avant d’être pris en charge en Allemagne et de s’installer avec sa famille à Paris, en juin 2022, quatre mois après l’invasion russe en Ukraine. Rencontré en février 2023, le cinéaste était encore terriblement affaibli, mais pas au point de ne pouvoir qualifier l’invasion en ces termes : « J’étais dans ma clinique berlinoise lorsque ma femme me l’a annoncé : je n’ai pas voulu y croire. Je faisais partie de ceux qui croyaient à une démonstration de force sans conséquence. Cette guerre est une catastrophe humaine pour l’Ukraine, et civilisationnelle pour la Russie. Nos destinées viennent de brutalement bifurquer et pour très longtemps. Nous ne rentrerons plus de sitôt dans le concert des nations. » Il vous reste 76.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.