Dans le 4x4 qui nous conduit à la rencontre de Facundo Epul, qui sera notre guide spécialisé dans l’observation des pumas, Laura Cambrière, la porte-parole de Rewilding Argentina, l’organisation créé par Tompkins Conservation (voir épisode précédent) a choisi la méthode choc pour révéler le passé de cette région aride.Elle me montre quelques clichés pris à l’époque où La Posta de Los Toldos était encore une ferme, et pas l’un des points d’entrée du parc Patagonia transformé en refuge pour randonneurs par Rewilding Argentina. Les scènes capturées sont barbares. Sur l’une d’entre elles, des pumas morts sont mis en scène à l’entrée du chemin qui conduit vers l’estancia. Sur une autre, ils sont pendus.

En Argentine Parque Patagonia suit 32 pumas adultes et 16 petits équipés de colliers de repérage. | Rewilding Argentina / Franci Bucci

«Les pumas sont considérés comme des nuisibles par de nombreux fermiers, explique-t-elle. En Patagonie, ils sont chassés par les éleveurs eux-mêmes ou par des ‘leoneros’, des chasseurs de pumas qui se déplacent à cheval de ferme en ferme avec une meute de chiens.»

De chasseur à traqueur

Certains de ces leoneros, comme Arcilio Sepulveda au Chili, se sont aujourd’hui reconvertis en rangers qui protègent les félins. Selon Facundo Epul, certaines fermes «peuvent tuer jusqu’à une vingtaine de pumas par an». Lui est issu d'une famille d’éleveurs locaux de brebis, et il ne s’attendait pas à ce que la protection de l’animal devienne son gagne-pain aujourd’hui.