Le jaguar Jatobazinho, sur une photo prise par la fondation Rewilding Argentina après sa remise en liberté, dans le parc national d’Ibera (Argentine), le 31 décembre 2021. MATIAS REBAK/REWILDING ARGENTINA/AFP

L’animal mort gît sur le flanc. Sur un autre cliché, diffusé par la presse, on le montre pendu au niveau des pattes. Une fois l’animal dépouillé, sa peau brune tachetée est étendue sur une toile bleue. La chair, elle, a été mangée.

Mercredi 13 août, à l’issue d’un procès inédit, quatre hommes ont été condamnés à deux ans de prison pour chasse illégale de jaguar par un tribunal de Formosa, dans le nord-est de l’Argentine. Trois de ces travailleurs ruraux se sont vu infliger des peines de prison ferme, qu’ils peuvent purger à domicile avec autorisation de sortie pour travailler. « Un procès historique avec des peines exemplaires », selon le gouvernement de Formosa, qui avait porté plainte.

Ce sont les photographies, diffusées par les condamnés eux-mêmes, à la fin de juillet 2024, qui ont déclenché la procédure. Les clichés arrivent alors jusqu’au téléphone d’une fonctionnaire chargée de la conservation du félin. Une enquête est lancée. Lors de perquisitions sont « saisis des armes à feu, des vêtements tachés de sang, des restes biologiques et autres éléments-clés pour l’affaire qui ont permis d’identifier et d’arrêter les responsables », retrace le tribunal de Formosa dans son jugement, que Le Monde a pu consulter.