Publié le 14 mai 2026 à 07:30.

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Dans de nombreuses entreprises, l’intelligence artificielle suscite autant d’attentes que de questions. Pour une PME romande comme SwissCaution, l’enjeu n’est toutefois pas de simplement suivre une mode technologique, mais d’identifier des usages concrets, capables d’améliorer à la fois les processus internes, le quotidien des collaborateurs et la qualité du service rendu aux clients. L’entreprise a ainsi avancé par étapes, en partant des besoins et des tâches les plus répétitives, avant d’intégrer progressivement certains outils dans ses opérations. Cette approche fondée sur l’expérimentation, sur la proximité entre équipes métiers et développement ainsi que sur une forte capacité d’adaptation éclaire la manière dont une structure agile peut s’approprier l’IA sans perdre en cohérence. Pour en savoir plus, Romain Paci, Product Owner, et Nayel Maharmeh, développeur, détaillent l’implémentation progressive de l’IA auprès des collaborateurs et des clients de SwissCaution.

Comment SwissCaution a-t-elle commencé à intégrer l’intelligence artificielle dans son fonctionnement?

Romain Paci: L’IA a notamment pu être intégrée à la suite d’un travail mené en amont dans le but de bénéficier d’une architecture IT moderne, qui a ainsi facilité son implémentation par modules afin de nous offrir un avantage compétitif. L’IA n’est donc pas arrivée chez nous comme un grand projet théorique décidé d’en haut. Elle s’est naturellement intégrée dans notre mode de fonctionnement agile. Nous avons d’abord voulu tester, comprendre et identifier les usages les plus pertinents. Il y a environ 2 ans, nous avons lancé des petits projets internes pour challenger les équipes et repérer les tâches les plus rébarbatives, celles sans réelle valeur ajoutée qui prenaient du temps. Très vite, nous avons constaté qu’il ne suffisait pas d’utiliser des outils conversationnels génériques: l’enjeu était surtout d’intégrer l’IA dans les processus métiers, là où elle pouvait produire un impact concret.Nayel Maharmeh: Cette phase initiale a aussi permis de poser une méthode. Chez SwissCaution, nous avons avancé brique par brique, sans chercher à déployer immédiatement de très gros dispositifs. Cette logique progressive nous a permis de tester des prototypes, de les confronter à la réalité du terrain, puis de les industrialiser lorsqu’ils apportaient une vraie valeur aux gestionnaires. In fine, agilité et IA fonctionnent en synergie: avec l’agilité, on apprend plus vite, et avec l’IA, on produit mieux et plus rapidement.