Charline Bourgeois-Tacquet, à Florence (Italie), en 2021. STEFANIA D'ALESSANDRO/GETTY IMAGES

Lorsqu’elle raconte l’euphorie qui l’a saisie en apprenant que son deuxième long-métrage, La Vie d’une femme, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, était sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes, Charline Bourgeois-Tacquet prend ce regard d’enfant espiègle qu’ont toutes ses héroïnes, et ce souffle combatif qui leur fait traverser le monde comme s’il ne s’agissait que d’un jeu. Et peu importe qu’aucune maison de couture ne veuille – contrairement aux actrices de son film – prêter une robe à cette inconnue invitée aux portes du paradis. La vie, cette grande fille filiforme au visage de porcelaine la croque de toutes ses dents.

« Mes films empruntent beaucoup à ma personnalité », convient-elle sans ambages. Suractive, claustrophobe (le fait d’être incapable de prendre un ascenseur seule n’est qu’une de ses nombreuses phobies revendiquées), amoureuse passionnée, séduite par les intelligences, seulement menée par ses émotions, ses désirs et une nécessité irrépressible de se réaliser… « Je ne suis pas gérontophile, je suis sapiophile », explique l’héroïne de Pauline asservie, son joli court-métrage de 15 minutes présenté en 2018 à la Semaine de la critique.