Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Patrick GHERDOUSSI/Divergence Par Gilles Rof Publié le 13 mai 2026 à 06h30, modifié le 13 mai 2026 à 09h24 Article réservé aux abonnés Enquête« CMA CGM, une entreprise au cœur du pouvoir » (3/4). Installé dans la cité phocéenne, le géant du transport maritime y joue un rôle majeur, mais se fait moins visible depuis la polémique sur les superprofits. Mercredi 10 septembre 2025, la France s’inquiète. Le nébuleux mouvement Bloquons tout promet de paralyser le pays, et Marseille n’échappe pas à la menace. Devant la porte d’Aix, à l’entrée de la ville, de jeunes gens se regroupent avant le lever du jour. Sur des tracts qui s’échangent discrètement, les organisateurs ont listé quelques lieux symboliques à investir. Des cibles habituelles : centres commerciaux, entrées d’autoroute, gare Saint-Charles… Et, au milieu, une nouvelle venue : la tour CMA CGM, siège du géant du transport maritime, symbolisée sur la carte par le dessin d’un Père Noël souriant. Moins d’une heure plus tard, esquivant l’important dispositif policier, près de 400 personnes crient, au pied des 33 étages de l’immeuble, leur colère face aux superprofits réalisés par l’entreprise pilotée par Rodolphe Saadé ces dernières années : 17,89 milliards de dollars (15,2 milliards d’euros) de bénéfice net en 2021, près de 25 milliards de dollars en 2022 à la faveur de la reprise post-Covid, beaucoup moins par la suite : 3,64 milliards en 2023 et 5,71 milliards en 2024. Seul un solide cordon de sécurité privée, tous biceps dehors, les empêche de pénétrer dans le bâtiment high-tech. Une tour de 147 mètres de haut, flèche de verre et d’acier s’élançant vers le ciel, qu’à Marseille seule la basilique Notre-Dame-de-la-Garde dépasse. La limite symbolique fixée par l’ancien maire (Les Républicains) Jean-Claude Gaudin (1939-2024) à cette démonstration économique. Dans sa ville, le troisième armateur mondial n’est plus, depuis longtemps, une société comme une autre. Premier employeur privé, propriétaire du quotidien La Provence et de la chaîne BFM Marseille, deux médias qui pèsent localement, principal sponsor de l’Olympique de Marseille (OM), club de foot et objet de culte, partenaire du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) mais aussi du parc national des Calanques, le tentaculaire groupe familial fondé par Jacques Saadé, décédé en 2018, sait qu’il suscite des réactions clivantes. Il vous reste 82.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Comment Rodolphe Saadé, sa famille et CMA CGM dominent la ville de Marseille
« CMA CGM, une entreprise au cœur du pouvoir » (3/4). Installé dans la cité phocéenne, le géant du transport maritime y joue un rôle majeur, mais se fait moins visible depuis la polémique sur les superprofits.








