Un alignement symbolique : le rendement des emprunts d’Etat à dix ans français sur le marché secondaire de la dette, celui sur lequel les investisseurs achètent et revendent des titres après leur émission, s’est aligné mardi 9 septembre sur celui des obligations italiennes de même échéance, à 3,47 %. Parallèlement, l’écart de rendement, ou spread, entre les rendements à dix ans français et allemand remontait à plus de 80 points de base, au plus haut depuis janvier.

Les investisseurs réagissent ainsi à la démission annoncée de François Bayrou et aux interrogations sur sa succession et sur la composition du prochain gouvernement.

« Les marchés nous disent à la fois que l’incertitude politique française est intégrée et devrait persister jusqu’en 2027, mais aussi que la probabilité d’un front politique unifié est très faible, donc que la question des déficits n’est pas réglée et que les incertitudes risquent de freiner la croissance », résume Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de la société française de gestion d’actifs Carmignac.

La prochaine échéance est fixée au 12 septembre, avec la décision de l’agence de notation Fitch, qui pourrait abaisser la note de la dette souveraine française. Mais une telle sanction serait en grande partie symbolique, les jugements de Fitch et de ses concurrentes, S&P et Moody’s, étant considérés par les investisseurs comme des évaluations a posteriori.