Depuis près de deux ans, les images et histoires de morts brutales, en arabe comme en anglais, essaiment sur les fils de l’application SOLÈNE REVENEY / « LE MONDE »
« Que Dieu te protège mon frère. Je ne peux pas décrire à quel point tu me manques. » Le 1er juillet, c’est par une vidéo publiée sur Instagram que Ahmad Abou Hatab fait ses adieux à son frère. Ismail a été tué la veille par un bombardement israélien sur le café Al-Baqa, à Gaza. Sur l’écran, des images du photojournaliste et réalisateur de 32 ans, qui joue avec sa perruche, prépare du café, se filme dans les décombres ; puis la vidéo insoutenable de son corps sans vie, embrassé par ses proches.
Lire aussi | En direct, Gaza : Benyamin Nétanyahou annonce qu’Israël veut prendre le contrôle de l’enclave, mais ni la « gouverner » ni la « garder »
Des centaines d’autres publications et de commentaires lui rendent hommage. Comme pour de nombreux Palestiniens tués à Gaza, le compte Instagram d’Ismail est devenu un lieu de mémoire numérique. Et, malgré sa disparition, son compte reste actif, alimenté par Ahmad. « Pouvoir récupérer son compte, c’était une petite victoire. Comme s’il nous disait : “Je suis encore là” », confie le jeune homme de 26 ans, bloqué à l’étranger depuis la fermeture des frontières de l’enclave par Israël.














