Kit de test ADN grand public, image extraite du documentaire « ADN business, la face cachée des tests grand public », d’Olivier Toscer. CINÉTÉVÉ 2024

ARTE.TV – À LA DEMANDE – DOCUMENTAIRE

De la découverte « récréative » de nos origines à la vente en masse de données de santé collectées à la faveur d’un test ADN, il n’y a qu’un pas, franchi en moins de deux décennies.

En retraçant les énormes progrès de la génétique, le documentaire d’Olivier Toscer livre une enquête aussi riche qu’inquiétante. Car si cette discipline a ouvert de formidables espoirs pour la santé mondiale, elle a également aiguisé les appétits de la Silicon Valley, qui a vu émerger à partir des années 2000 des start-up de la biotech qui ne s’embarrassent pas d’éthique. Pour une centaine d’euros, les firmes américaines Ancestry et 23andMe ou l’israélienne MyHeritage, devenues depuis les poids lourds du marché détenant à eux seuls l’ADN de plus de 50 millions de personnes, promettent de compléter votre arbre généalogique en révélant vos origines.

Un abus de langage que démystifie d’entrée le généticien des populations au Musée de l’homme à Paris, Paul Verdu : « Dans les bases de données de ces entreprises, il n’y a que l’ADN des gens vivants qui ont fait le test. Ce n’est pas nos ancêtres auxquels on compare notre ADN. » La génétique étant d’abord affaire d’hypothèses et de calcul de probabilités, poursuit le scientifique, obtenir un résultat le plus fiable possible coûterait bien trop cher en argent et en temps à ces start-up pressées de faire le maximum de profits. Idem pour les origines : « On mélange plusieurs catégories dans les résultats qui sont livrés : des noms de pays et des zones géographiques, c’est comme mélanger des torchons avec des bicyclettes. On ne fait jamais cela en science. »