Sciences et SantéSciencesSantéSciences. La sélection de variants de gènes favorables a permis l'adaptation de l'homme à son environnement au cours des 5 000 dernières années.Publié le 28/05/2026 à 11:30bookmarkAlain FischerKate CopelandLe séquençage de l’ADN humain est entré dans la pratique médicale grâce aux progrès spectaculaires de sa technologie au cours des 20 dernières années. Il est particulièrement informatif pour le diagnostic des maladies héréditaires et des cancers. En parallèle, il est devenu un outil précieux de l’étude de l’histoire de l’humanité. C’est ainsi qu’à côté d’Homo sapiens, furent caractérisées Neandertal et Denisova, deux espèces humaines qui ont cohabité avec Homo Sapiens une fois que celui-ci eût quitté l’Afrique. L’homme moderne conserve des traces dans son génome de ces deux espèces disparues. En effet, Homo sapiens apparu il y a environ 300 000 ans, comme l’a découvert Jean-Jacques Hublin du Collège de France, a conquis toute la planète.Les conditions de vie ont radicalement changé voilà environ 10 000 ans lorsque de chasseur-cueilleur, l’homme est devenu agriculteur, d’abord en Asie mineure. La nutrition, la densité de population et la cohabitation avec des animaux (élevés ou commensaux) ont été transformées. On sait que l’homme s’y est génétiquement adapté : ceux qui disposaient de variants de gènes "favorables" ont été sélectionnés aux dépens de ceux qui n’en disposaient pas. L’exemple le plus connu est celui de la lactase, l’enzyme qui permet de digérer le lait et dont disposent tous les bébés. Aujourd’hui la majorité des adultes digère également le lait. Cela est dû au fait que des variations génétiques apparues il y a 9 000 ans environ dans plusieurs populations ont été sélectionnées du fait de l’avantage nutritionnel qu’apporte la capacité de se nourrir à l’âge adulte avec du lait animal. Jusqu’à peu, on ne connaissait qu’une vingtaine d’exemples de tels processus de sélection survenus au cours de l’histoire de l’humanité. Mais une étude effectuée par l’équipe de D. Reich de Harvard et publiée récemment dans la revue Nature bouleverse cette vision.