La présidente Aude Buresi lit le délibéré, devant la cour criminelle du Morbihan, à Vannes, le 28 mai 2025. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »
Tout semblait écrit devant la cour criminelle de Vannes. Dès le premier jour d’audience, le 24 février, il était entendu que Joel Le Scouarnec serait condamné à 20 ans de réclusion, la peine maximum pour des agressions sexuelles et des viols contre 299 victimes, principalement des mineurs. Lui-même l’avait déjà acceptée, reconnaissant l’intégralité des faits, y compris ceux prescrits, et répétant dans le box : « Je suis le seul coupable, je ne demande pas la mansuétude de la cour. »
Le 28 mai, trois mois plus tard, il a en effet été condamné à vingt ans de réclusion, durci d’une peine de sûreté aux deux tiers et d’un sévère suivi judiciaire pendant 15 ans. Mais en matière de justice, les sentiments s’en mêlent souvent, les émotions débordent. Si prévisible fut-il, c’est ce verdict qui a fait tanguer la foule au dernier jour d’une audience jusque-là apaisée.
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L’heure était au juridique : Aude Buresi, la présidente, terminait la lecture de la sentence, expliquant que les cinq magistrats professionnels n’avaient pas retenu la rétention de sûreté, une des mesures complémentaires requise par l’avocat général, Stéphane Kellenberger. Aussi exceptionnel que controversé, ce dispositif prévoit qu’un condamné peut ne pas retrouver la liberté une fois sa peine exécutée, mais être placé en centre médico-judiciaire. Une peine après la peine en quelque sorte, attribuée selon des critères flous, la « dangerosité » et un « risque élevé de récidive ».












