Le siège de l'agence de notation Moody's, à New York, en novembre 2021. ANDREW KELLY / REUTERS

Les Etats-Unis ont définitivement perdu leur « triple A ». L’agence de notation Moody’s, la dernière à accorder son crédit maximal aux Etats-Unis, a dégradé la note du pays, vendredi 16 mai, invoquant son endettement. L’agence S&P avait agi dès 2011, juste après la grande crise financière de 2008, suivie, en 2023, par Fitch.

« Les administrations américaines successives et le Congrès ne sont pas parvenus à s’entendre sur des mesures visant à inverser la tendance aux importants déficits budgétaires annuels et à la hausse des charges d’intérêts », écrit Moody’s dans son communiqué pour justifier le passage de la note Aaa à la note Aa1. « Nous ne pensons pas que les propositions budgétaires actuellement à l’étude permettront d’aboutir à des réductions significatives et pluriannuelles des dépenses obligatoires et des déficits », ajoute-t-elle.

Cette décision est un double camouflet. Pour Elon Musk, qui n’a pas réussi avec ses mesures au sein du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) à avoir un impact macroéconomiquement sensible sur les dépenses fédérales. Pour Jason Furman, économiste à Harvard, le patron de Tesla a « créé un chaos microéconomique sans impact macroéconomique. C’est certes un désastre pour l’aide [américaine au développement] mais l’ampleur globale des dépenses n’a guère changé » ; pour l’ancien conseiller de Barack Obama, les déficits devraient en fait s’accroître, les sabrages des effectifs au sein de l’administration fiscale réduisant la lutte contre la fraude.