L’armée israélienne a « catégoriquement rejeté » vendredi les témoignages qui l’accusent, dans un documentaire ovationné la veille à la Mostra de Venise, de tuer sans retenue des civils palestiniens à Gaza.Le documentaire NAZA repose sur le témoignage anonyme de 24 membres de l’armée et des services de renseignement israéliens. Après la diffusion du film en avant-première jeudi à Venise, ses réalisateurs, les journalistes d’investigation israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, ont été applaudis pendant 25 minutes.Dans un communiqué, l’armée israélienne dit « rejeter catégoriquement ces allégations », mettant notamment en doute la fiabilité des témoignages dans le documentaire en raison de leur anonymat. L’armée fait « des efforts sans précédent pour réduire autant que possible les dommages causés aux civils », assure-t-elle.Lancée en représailles aux attaques meurtrières perpétrées par le Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73 000 morts, selon le ministère de la Santé de ce territoire contrôlé par le mouvement islamiste, et dont les chiffres sont jugés fiables par les Nations unies.
Dans le documentaire de 80 minutes, les personnes interrogées décrivent comment plusieurs systèmes technologiques, recourant notamment à l’intelligence artificielle, ont permis à l’armée israélienne de localiser, via leurs téléphones, des membres présumés du Hamas et leurs familles, puis de les frapper indistinctement chez eux.Jusqu’à 500 morts pour un cibléSelon le documentaire, « NAZA » est un acronyme utilisé au sein de l’armée israélienne pour désigner le nombre estimé de civils qui sont tués lors d’une frappe. L’une des personnes interviewées explique que les militaires ont accès à un outil leur permettant de savoir, pour chaque logement à Gaza, combien de personnes s’y trouvent et seront donc touchées en cas de bombardement.Un militaire israélien interrogé affirme notamment que jusqu’à 500 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes ayant visé un seul objectif humain: « S’ils veulent qu’il meure, il meurt », dit-il.Les 24 personnes interviewées sont filmées de nuit sur des toits-terrasses de Tel-Aviv, visage caché et voix modifiée, afin d’éviter qu’elles ne soient identifiées par les autorités israéliennes.C’est d’ailleurs sur cet aspect que se fonde la première critique formulée par l’armée israélienne, dans sa réaction visant à décrédibiliser ces témoignages.« Selon les articles à son sujet, le film s’appuie sur des témoignages anonymes de la part d’individus dont on ne peut vérifier l’identité, ni même s’ils ont réellement servi dans l’armée et à quel titre », dénonce l’armée.Les accusations concernent des questions de « stratégie militaire qui sont à l’évidence hors du champ de connaissance de militaires peu gradés », ajoute-t-elle.En ce qui concerne les allégations portant sur le choix des cibles à Gaza à l’aide de l’intelligence artificielle, l’armée affirme dans son communiqué que « les décisions portant sur la sélection et l’approbation des frappes sont prises uniquement par des humains ».











