Arts Le musée vient de révéler les cinq équipes finalistes de son concours d’architecture et de paysagisme. Quant au financement, il proviendra de la vente de tirages en bronze de statues de Picasso. La famille vient de donner son accord. Outre l’extension d’une aile, l’hôtel Salé sera reconfiguré pour accueillir salon de thé, librairie, forum et espace éducatif. Photo Chloé Vollmer-Lo/Voyez-Vous/Musée national Picasso Par Xavier de Jarcy Publié le 11 septembre 2026 à 13h40 L’extension du musée Picasso parisien se précise. En présence de Paloma Picasso, la fille du génie de l’art moderne, la directrice, Cécile Debray, vient d’annoncer le nom des cinq équipes présélectionnées par un jury parmi plus de cent cinquante participants au concours d’architecture et de paysagisme. Le choix est à la fois français et international : l’agence Antoine Dufour avec les Français de Wagon Landscaping ; la Libanaise de Paris Lina Ghotmeh associée à Pierre-Antoine Gatier avec la paysagiste Florence Mercier ; les Français Lucie Niney et Thibault Marca avec les Espagnols de RCR, complétés de Jacqueline Osty pour le paysagisme ; l’Italienne Francesca Torzo et Drubigny Architectes avec l’agence britannique Sarah Price Landscapes ; le Britannique Stanton Williams et les Français de l’Atelier PNG avec l’agence suisse Vogt, qui a une antenne à Paris. Choisis sur dossier, les candidats ont maintenant jusqu’en janvier pour dessiner leur projet. L’équipe lauréate sera désignée dans la foulée, pour un démarrage du chantier en 2028 et une fin des travaux prévue pour 2031. Le programme prévoit d’abord d’agrandir l’aile qui longe le jardin pour y aménager au total 800 mètres carrés d’espaces destinés aux expositions temporaires. L’hôtel Salé sera aussi reconfiguré pour accueillir salon de thé, librairie et, au sous-sol, forum et espace éducatif. Enfin, le jardin ne formera plus qu’une seule entité avec le square des Bons-Enfants qui le jouxte et dont il est actuellement séparé par une grille. Ce nouveau jardin accueillera des sculptures en bronze de Picasso. Tous ces travaux seront réalisés en laissant le musée ouvert pendant le chantier. Un point risque cependant de poser problème : la suppression d’un terrain de basket à côté de l’aile actuelle. Cécile Debray assure qu’il est situé sur une « bande constructible » qui n’avait pas été utilisée et qu’il sera « déplacé dans un autre lieu à proximité ». En échange, un terrain de jeux pour les enfants a été intégré au concours de paysagisme. Un financement à travers la vente de bronzes Au total, le projet coûtera de 50 à 55 millions d’euros. Pour les obtenir, l’établissement a imaginé une solution originale. « Nous allons vendre quelques bronzes posthumes pour financer l’opération. L’accord avec la famille Picasso autour de la cession au musée d’un droit de tirage exceptionnel a été conclu », explique la directrice, qui annonce avoir déjà trouvé un acheteur : la fondation néerlandaise Don Quixote, principale mécène du Rijksmuseum d’Amsterdam. Elle y ouvrira en 2027 un musée-jardin de sculptures qui accueillera quatre tirages en bronze, acquis pour quarante millions d’euros : la Tête de femme de 1931, la Petite Fille sautant à la corde, la Chèvre et la Guenon. On retrouvera deux de ces sculptures, complétées par d’autres, dans le jardin du musée Picasso parisien. Sur les dix à quinze millions restant à trouver, le musée assure en avoir récolté quatre auprès de mécènes individuels, grâce à sa fondation créée en 2023. « Nous en sommes donc à près de 90 % du financement », assure Cécile Debray. De son côté, Paloma Picasso indique que la famille n’entend pas multiplier les tirages posthumes : « Il s’agit de la première fonte post-mortem, mais nous ne voulons pas nous engouffrer dans cette voie. Nous en autoriserons peut-être d’autres, mais ce n’est pas le propos. » L’opération permettra de mieux faire connaître le Picasso sculpteur, moins connu que le peintre. Ce dont Paloma Picasso se réjouit : « J’aime beaucoup l’idée que les enfants du quartier pourront grandir à côté de ces personnages qui ont fait partie de mon enfance et avec lesquels je pouvais m’amuser. » Arts Musée Picasso Paysage Architecture Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. 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