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DécryptageDécimée après presque vingt ans de frappes américaines, l’organisation terroriste à l’origine des attentats de 2001 ne survit plus qu’à travers ses filiales au Sahel et en Somalie. Depuis 2014, l’Etat islamique, lui, a fait de l’idéologie djihadiste un phénomène de masse, en exportant son combat dans les pays ennemis.

Comment s’appelle le nouveau chef d’Al-Qaida, depuis l’assassinat ciblé, le 31 juillet 2022, à Kaboul, par un tir de drone américain, d’Ayman Al-Zawahiri, le bras droit égyptien d’Oussama Ben Laden, qui lui avait succédé après l’élimination du Saoudien par les forces spéciales américaines lors du raid d’Abbottabad, le 2 mai 2011, au Pakistan ? Il y a fort à parier que le grand public ne connaît pas Saif Al-Adel. Egyptien lui aussi et vieux routier du djihad, cet officier de l’armée a été soupçonné d’implication dans le complot ayant conduit à l’assassinat du président égyptien Anouar El-Sadate, le 6 octobre 1981, au Caire. Mais, par précaution ou par difficulté à communiquer, sa nomination n’a jamais été annoncée publiquement par la centrale terroriste.

On ne connaît pas non plus son pays de résidence, même si les sources du milieu du renseignement s’accordent pour estimer qu’il vit sous protection et sous bonne garde de l’Iran. Les liens entre la République islamique chiite et l’organisation fondée par Oussama Ben Laden remontent dans le temps et se sont intensifiés après la prise de l’Afghanistan, en décembre 2001, par les forces américaines, avec l’aide de pays de la région rassemblés dans l’Alliance du Nord – une partie de l’état-major d’Al-Qaida prenant la fuite vers l’ouest et non pas au Pakistan, comme son chef. Mais le fait qu’un leader djihadiste sunnite soit hébergé − au nom du principe qui veut que l’ennemi de mon ennemi soit mon ami − par une théocratie chiite, qu’il exècre en théorie, en dit long sur le déclassement et l’affaiblissement de l’appareil central d’Al-Qaida.