En février 2025, une coalition de médias d’ici et des acteurs du milieu signaient une lettre ouverte demandant à Ottawa, pour remédier à la crise des médias, de mettre fin à l’absence des dépenses publicitaires effectuées par des annonceurs canadiens dans les médias numériques étrangers dans le calcul de leurs impôts sur le revenu. Dix-huit mois plus tard, leurs demandes sont restées lettre morte — et Louis Audet, signataire et président du conseil d’administration de Cogeco, soutient avoir « abandonné en désespoir » faire valoir une telle idée.En cause : la guerre commerciale avec les États-Unis, explique-t-il en entrevue au Devoir en amont d’un discours sur l’itinérance livré jeudi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « On voit que c’est un désastre total. On voit qu’on fait face à une telle intimidation [de la part du gouvernement américain de Donald Trump] que les idées dont moi et d’autres avons fait la promotion […] sont mortes. »« Ils veulent nous annexer. Donc, assurer notre survie culturelle, on oublie ça », lance-t-il en précisant que dans le « climat » actuel, formuler une nouvelle mouture de cette demande relève de l’« impossible ».

Les lois visant à promouvoir le contenu canadien sur les plateformes en ligne étrangères comptaient parmi les irritants évoqués par les États-Unis en août, lors de la dernière ronde de négociations commerciales. Le Canada n’a pas fléchi sur ce point, et les discussions ont finalement échoué.En juin dernier, le gouvernement canadien de Mark Carney avait laissé tomber son projet de faire payer les grands diffuseurs en ligne à hauteur de 15 % de leurs revenus afin de financer la production de contenu canadien. Bien qu’il agissait d’une demande bien connue du gouvernement américain, Ottawa avait alors assuré reculer afin de « renforcer l’abordabilité » de ces services.Contrairement à ce qui était prévu dans la réforme de la Loi sur la radiodiffusion, ce ne sont donc pas les Netflix ou Disney + de ce monde qui paieront quelque 600 millions de dollars en soutien au secteur audiovisuel canadien, mais bien les contribuables.