Disant voir leurs « pires craintes » se confirmer, le milieu culturel dénonce en grande pompe la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’abandonner, à la demande d’Ottawa, le projet de faire payer les grands diffuseurs une portion de leurs revenus pour financer le contenu canadien.« Le gouvernement Carney abandonne aujourd’hui les redevances imposées aux plateformes américaines, renonçant ainsi à un levier important pour soutenir notre culture et nos médias », a écrit l’Union des artistes (UDA) sur ses réseaux sociaux en rediffusant une lettre ouverte publiée en juin dernier et cosignée par sept autres associations représentant le milieu culturelCette dernière critiquait la décision du gouvernement de Mark Carney de troquer la surnommée « taxe Netflix » par un financement des contribuables canadiens de quelque 600 millions de dollars en « soutien immédiat aux secteurs audio et audiovisuel du Canada ». En d’autres mots, la demande au CRTC prévoyait que ce soit Ottawa qui paye la contribution au milieu culturel, plutôt que les plateformes de diffusion comme Netflix, Amazon Prime Video ou Disney +.Le premier ministre avait justifié cette décision comme une manière de « renforcer l’abordabilité » de ces services et non pas comme une concession pour répondre à une demande du gouvernement américain de Donald Trump dans un contexte de négociations commerciales avec nos voisins du sud.« Ce “soutien à la culture”, est une compensation essentielle, certes, mais aussi une indemnité versée par son incapacité à imposer des règles. Devant des choix difficiles, on sacrifie (encore) la culture », lançait notamment la lettre ouverte du milieu culturel. PréoccupationsAvec l’acceptation officielle de la demande d’Ottawa par le CRTC, le son de cloche pour le milieu est similaire à celui qui avait retenti en juin.La Guilde des musiciens et musiciennes du Québec y voit ainsi « un contexte où notre premier ministre considère la culture comme un objet de marchandage sans valeur » et dit croire que le texte de la lettre ouverte dont elle est cosignataire « demeure d’actualité et pertinent ».
Le milieu culturel dénonce l’abandon des redevances aux plateformes étrangères par le CRTC
Le premier ministre Carney «considère la culture comme un objet de marchandage sans valeur», selon une association.










