Au lendemain de la confirmation par le Groupe TVA de l’abandon, faute de moyens, du tournage de la télésérie Alertes. Lily-Rose, son président et chef de la direction, Pierre Karl Péladeau, a convoqué les médias au siège social de Québecor pour dresser un sombre portrait de l’avenir de la production télévisuelle québécoise (et de son groupe de chaînes télé), appelant du même souffle l’industrie à une « mobilisation nécessaire » pour assurer sa propre survie.Depuis 2022, le Groupe TVA a dû effectuer près de 800 licenciements — et il n’est pas le seul télédiffuseur à avoir réduit sa main-d’œuvre dans les dernières années, a rappelé Pierre Karl Péladeau mardi. Lors de cette conférence de presse, le président de Québecor n’a pas exclu l’abandon de nouvelles téléséries ni de nouvelles pertes d’emploi au sein de son entreprise.« Comment voulez-vous qu’on y arrive lorsque 90 % des revenus publicitaires [en ligne au Canada] s’en vont [dans les poches d’entreprises étrangères] ? » s’est interrogé M. Péladeau, en insistant ensuite sur l’importance de la télévision québécoise : « C’est encore à la télé généraliste que nous retrouvons l’ADN de notre culture », a-t-il fait valoir.Après avoir retracé la quadrature du cercle dans laquelle est coincé l’audiovisuel privé (baisse radicale des revenus publicitaires, qui sont accaparés par les GAFAM, « concurrence déloyale » de la Société Radio-Canada, exode des téléspectateurs vers les plateformes numériques), Pierre Karl Péladeau a de nouveau formulé ses demandes. D’abord aux gouvernements, fédéral et provincial, en réclamant une plus grande flexibilité du crédit d’impôt à la production de tournages québécois ou encore l’ajout d’un incitatif fiscal supplémentaire pour l’achat de publicité dans des médias québécois et canadiens — une mesure qui fait d’ailleurs partie des recommandations formulées dans le rapport du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ) présenté l’automne dernier.Il a également demandé plus de flexibilité à l’Association québécoise de production médiatique et à l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son, ainsi qu’un allègement des frais administratifs exigés par le partenaire financier qu’est la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).