Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, les poèmes d’une femme emprisonnée en Russie. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE En cette nouvelle semaine de rentrée littéraire, « Le Monde des livres » vous conseille la lecture de Car février n’en finit plus…, recueil de poésie de Jénia Berkovitch, dont les vers ont déplu au Kremlin et détenue depuis plus de trois ans ; d’Habeas corpus, essai-fiction du neurologue Lionel Naccache, qui vise à vous faire « douter du statut de [votre] propre existence » ; du deuxième roman d’Emma Marsantes, N’efface pas mes cercles, éruptive et poétique enquête généalogique sur le suicide d’une femme ; d’Ici, maintenant, premier roman de l’Ecossais Tom Newlands, qui suit une adolescente hyperactive dans ses efforts pour s’arracher à son milieu précaire et brutal ; enfin, de La Hantise, de Jean-Philippe Toussaint, manière de roman d’espionnage, discrètement kafkaïen et assez franchement paranoïaque, dans les couloirs de la Commission européenne et les rues de Bruxelles. POÉSIE. « Car février n’en finit plus… », de Jénia Berkovitch Pour Evguenia (ou Jénia) Berkovitch, c’est un hiver sans fin. Plus de quatre ans et demi après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, en février 2022, plus de trois ans depuis son arrestation, en mai 2023, pour s’être opposée à cette guerre, la poète et metteuse en scène de théâtre russe survit en prison. Le premier recueil de ses poèmes, écrits avant son arrestation puis en prison, Car février n’en finit plus…, paraît en France avec un double objectif : rendre justice à cette œuvre poétique, mais aussi attirer l’attention sur la situation de l’autrice, qui ne fait qu’empirer, au point que sa vie est en danger. En termes crus, elle alerte tous ces Russes « qui n’ouvriront jamais les yeux ». Elle crie sa rébellion intérieure : « C’est une vraie crise de soi./ Assez de ces masques de glace,/ Ce rebut, cette populace,/ Heureusement que cette race,/ Ce n’est pas moi,/ Pas moi,/ Pas moi. » Ces vers ont beaucoup circulé, éparpillés sur les réseaux sociaux russes. « C’est difficile de traduire Evguenia Berkovitch, entre la virtuosité de son style et la profondeur de ses multiples références aux grands maîtres de la poésie russe, Pasternak, Brodsky, Mandelstam », confie Nastasia Dahuron, qui figure parmi les sept traducteurs ayant contribué à cette publication. « Tout est là, dans les vers d’Evguenia. Il devenait urgent de publier ce livre, insiste Alexeï Voïnov. Pour agir. Et pour essayer de sauver des vies… » B. Q. Il vous reste 72.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Notre sélection de livres cette semaine : « Car février n’en finit plus… », « Habeas corpus », « Ici, maintenant »…
Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, les poèmes d’une femme emprisonnée en Russie.






