Les promesses électorales du Parti conservateur du Québec (PCQ) coûteraient 52,57 milliards $ sur cinq ans, à en croire le cadre financier de la formation politique révélé mercredi, qui prévoit également un retour à l’équilibre budgétaire à l’intérieur d’un premier mandat en raison d’une grande opération de réduction des dépenses chiffrées à 60,338 milliards $.« On n’est pas dogmatique, on va protéger les services publics dont les Québécois ont besoin, mais on n’aura aucune complaisance pour le gaspillage, la paperasse et la bureaucratie inutile », a martelé le chef conservateur Éric Duhaime en décrivant son plan financier marqué par la promesse de revoir l’efficacité de l’État sans couper dans les services à la population.Malgré des revenus qui affichent une baisse totale de près de 29 milliards $, notamment en raison des promesses de baisses d’impôt des particuliers et des entreprises, le PCQ estime que son plan d’abolir le Fonds d’électrification et de changements climatiques, de réduire le nombre de fonctionnaires par attrition (une coupe estimée de 20 000 postes), de modernisation par le numérique ou bien de réduire les subventions gouvernementales aux entreprises permettra d’aller chercher les sous nécessaires.Aux yeux de l’auteur du cadre financier, Adrien Pouliot, candidat dans D’Arcy-McGee, Québec pourrait « récupérer une partie de ces baisses-là [d’impôts] en taxes », car les consommateurs vont potentiellement dépenser l’argent économisé.Le cadre financier du PCQ a toutefois un grand absent : la question des infrastructures n’y est pas évoquée. Questionné à ce sujet, Éric Duhaime a soutenu ne pas avoir « touché » au Plan québécois des infrastructures existant (qui couvre de 2026 à 2036).« Le simulateur du ministère des Finances [utilisé pour réaliser les cadres financiers], il n’est pas capable d’imaginer qu’on soit plus productif dans la construction », a soutenu Adrien Pouliot, en affirmant que le plan du PCQ en infrastructures repose sur une augmentation de la productivité dans ce secteur, mais que ce dernier sera présenté en détail ultérieurement.Duhaime s’en prend au cadre financier de la CAQLe PCQ est la deuxième formation politique à avoir présenté son cadre financier, la Coalition avenir Québec (CAQ) de Christine Fréchette ayant ouvert le bal en début de campagne. La première ministre sortante avait alors invité les autres chefs de partis à présenter leur document rapidement.L’approche de la période des grands rendez-vous télévisés, qui commence par Cinq chefs, une élection sur les ondes de Radio-Canada mercredi soir, est ce qui a poussé l’équipe d’Éric Duhaime à détailler son plan financier chiffré.Le chef conservateur en a aussi profité pour lancer des flèches à sa rivale caquiste, qualifiant son cadre financier d’« irresponsable », de « pas sérieux » et de « pas rigoureux » en raison de l’inclusion d’une « hausse des transferts fédéraux en santé qui n’a pas été négociée » dans leurs calculs. « Je ne prends pas en considération des hypothétiques hausses de transferts fédéraux, comme en rêve la CAQ », a lancé à son tour Adrien Pouliot.« La CAQ-Fréchette dépense 5 milliards de dollars des provisions pour éventualités qui servent d’habitude en cas de ralentissement économique pour se payer des promesses électorales, pour acheter des votes, a aussi critiqué M. Duhaime. Avec la guerre tarifaire qu’on connaît à l’heure actuelle, c’est carrément et tout simplement irresponsable. »Mme Fréchette n’a pas attendu les débats pour répliquer : en point de presse mercredi, la cheffe caquiste a jugé que de mettre en place ce plan financier est « impossible […] sans démanteler une partie de l’État et sans couper de manière colossale dans les services aux citoyens ». « On va prendre le temps d’étudier son cadre financier mais, jusqu’à maintenant, ce à quoi il s’est engagé, ça pose beaucoup de questions. »Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a aussi dit vouloir prendre le temps d’analyser le document, mais a soutenu que, selon ce qu’il a pu en comprendre, « le discours entre le maintien des services et les coupures ne tient pas la route d’aucune façon ».
Duhaime présente un cadre financier prévoyant des coupures sans incidence sur les services
Les troupes conservatrices misent sur une grande opération de réduction des dépenses pour financer leurs promesses.






