Le Parti conservateur (PCQ) promet de faire « probablement le plus grand ménage l’histoire du Québec » dans les finances publiques. Ce « plan de dégraissage », selon le mot du chef de la formation, Éric Duhaime, permettrait des économies de 47 milliards de dollars au terme d’un premier mandat.Cette cure minceur dans l’appareil étatique québécois n’entraînerait aucune conséquence sur les services à la population, jure le prédécesseur de M. Duhaime aux commandes du Parti conservateur, aujourd’hui responsable des finances publiques et d’économie au sein de la formation, Adrien Pouliot.Le plan de retour à l’équilibre budgétaire du PCQ se décline en trois points.D’abord, réduire les subventions aux entreprises pour une économie cumulative de 20 milliards de dollars sur un horizon de cinq ans.« On est les champions des subventions per capita au Canada, a déploré M. Pouliot. Le Québec, selon Statistique Canada, a versé plus de 8 milliards en subventions aux entreprises en 2024. C’est l’équivalent de 1731 $ par contribuable québécois qui paie de l’impôt, ça n’a pas de bon sens. »

Un « contrôle rigoureux des dépenses publiques » devrait déboucher sur des économies que le parti estime à 12,7 milliards de dollars. « On va lancer un examen complet de l’ensemble des programmes gouvernementaux, promet Adrien Pouliot. Tout va être passé au peigne fin. »Fin du Fonds vertCertains organismes verront leur mandat changer, annonce le PCQ, dont Investissement Québec.D’autres enveloppes passeront tout simplement à la trappe. Les troupes conservatrices ont déjà promis l’abolition du Fonds d’électrification et de changements climatiques, anciennement appelé « Fonds vert », responsable du « gaspillage » de 13 milliards de dollars, pourfend Adrien Pouliot, « sans résultat concret sur les émissions de gaz à effet de serre ».Chaque nouveau programme mis en place dans un ministère devra d’abord prévoir l’abolition d’un autre de valeur équivalente.Le PCQ veut aussi décréter un gel d’embauche dans la fonction publique et abolir 20 000 postes de fonctionnaires à temps complet d’ici cinq ans, « principalement par attrition ».« Je ne parle pas des enseignants, des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, insiste le porte-parole conservateur en matière économique. Je parle des gens qui sont dans les ministères, dans l’icône de la bureaucratie du Complexe G. »Un gouvernement conservateur édicterait une loi pour limiter la croissance des dépenses publiques à l’inflation. Cette deuxième salve de mesures entraînerait, selon le parti, une économie de 23,5 milliards de dollars au terme d’un premier mandat.Le PCQ mise aussi sur l’intelligence artificielle et les recommandations émises par la commission Gallant, qui portait sur le fiasco SAAQclic, pour « rendre les services plus accessibles, plus efficaces et moins coûteux », menant à des économies chiffrées à 3,75 milliards de dollars à l’horizon 2031.Loin du « concours des Pères Noël »Ce « premier gros, gros engagement » du Parti conservateur en matière économique constitue la « pierre angulaire » de sa crédibilité, a indiqué Éric Duhaime.Ce plan de compressions budgétaires aussi cherche à « démontrer notre sérieux », a-t-il poursuivi, par rapport à la promesse, formulée il y a quelques jours, de consentir « les plus grandes baisses d’impôts de l’histoire du Québec ».Les adversaires du PCQ rivalisent dans un « concours des Pères Noël », a accusé le chef conservateur Éric Duhaime, jeudi.« Aujourd’hui, on veut clairement démontrer la différence entre le Parti conservateur du Québec et les autres formations politiques. Le Parti conservateur n’entrera pas dans cette valse-là – ça ne nous intéresse pas de continuer à endetter la prochaine génération pour acheter la prochaine élection. »Les promesses de compressions budgétaires émises par le Parti conservateur surviennent à un moment où les infrastructures québécoises souffrent d’un important déficit d’entretien. Le gouvernement calcule qu’il faudrait injecter près de 45 milliards de dollars pour remettre en état l’ensemble des routes, écoles et hôpitaux du Québec, sans compter les près de 50 milliards de dollars aussi nécessaires pour restaurer les aqueducs, les égouts et les usines de traitement des eaux municipales.« Ça fait huit ans que la CAQ nous prouve pratiquement tous les jours que dépenser plus, ça ne donne pas des services publics de meilleure qualité, au contraire, a martelé le chef conservateur. On a dépensé 60 % de plus en éducation et en santé. Allez voir, aujourd’hui, les listes d’attente dans nos hôpitaux, allez voir l’état de nos écoles. »