Le Parti québécois a l’ambition d’augmenter les cibles climatiques du Québec sans pour autant imposer de « mesures moralisatrices » et de taxes supplémentaires aux consommateurs.Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a rendu public par communiqué le plan environnemental de son parti pour la période 2026-2034, mercredi. Celui-ci consacre les objectifs de carboneutralité du Québec en 2050 en plus de rehausser la cible intermédiaire actuelle.En 2034, le PQ s’engage en effet à avoir réduit de 42,5 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport aux niveaux de 1990 — un objectif qu’il qualifie de « flexible ». Il promet également d’adopter une « loi-cadre sur le respect de nos engagements climatiques, des cibles en matière de biodiversité et de protection du territoire ».À l’heure actuelle, la cible — non contraignante — du Québec se situe à -37,5 % en 2035. C’est l’ancien ministre de l’Environnement Bernard Drainville qui l’a fixée, en janvier de cette année.Dans son plan environnemental présenté mercredi, Paul St-Pierre Plamondon opte pour une approche qu’il dit « ambitieuse », sans être « moralisatrice ».« Plutôt que de présenter des changements qui feront fuir les Québécois, notre objectif est de créer un contexte où ils gagneront financièrement en faisant des choix qui aideront à la transition écologique », a-t-il écrit en ouverture du document d’une cinquantaine de pages.« Passe mobilité », rabais sur les voitures électriquesUn gouvernement St-Pierre Plamondon offrirait donc, aux propriétaires de résidences, des avantages fiscaux pour se doter d’une thermopompe et, aux automobilistes, un rabais de 2000 $ à l’achat d’un véhicule électrique. « Les rabais [suivraient] une trajectoire de diminution graduelle sur quatre ans », précise le plan péquiste quant à cette dernière mesure.L’objectif du PQ est d’atteindre une proportion « crédible » de ventes de voitures zéro émission (85 % en 2034), la norme actuelle étant fixée à 80 % en 2035.Paul St-Pierre Plamondon souhaite aussi augmenter l’offre de transport collectif entre les régions. Pour encourager les Québécois à emprunter le bus et le métro, il ressuscite aussi sa « Passe mobilité », qui permettrait d’accéder à « l’ensemble des réseaux de transport collectif urbains et régionaux du Québec » moyennant un paiement de 95 $ par mois.Le PQ avait déjà lancé cette idée lors des élections générales de 2022. Or, cet accès tout-inclus, intitulé « Passe Climat » à l’époque, devait plutôt coûter 365 $ par année, soit environ 30 $ par mois.« Il y a eu une précarité financière sous la CAQ qui a mené à une décote du Québec. On doit en tenir compte », s’est justifié M. St-Pierre Plamondon en entrevue avec Le Devoir mercredi.« Puis, il y a une partie de l’argent qu’on avait budgété à l’époque, qu’on réoriente dans le rehaussement de l’offre. »Pas de fardeau supplémentairePaul St-Pierre Plamondon refuse que les consommateurs québécois soient punis financièrement par la transition écologique. « De manière générale, je me suis engagé à ne pas augmenter le fardeau des consommateurs », a-t-il soutenu mercredi.« Donc, on se tourne vers les incitatifs », a-t-il précisé. « Si quelqu’un peut rouler électrique et sauver 3000 $ dans une année, évidemment qu’il va choisir d’économiser. »D’un autre côté, convient « PSPP », l’industrie devra « faire sa part » pour réduire les émissions polluantes.« Mais il faut vraiment une analyse par secteur. Pour les fins de notre plan, on n’a pas les moyens de la faire, mais oui, c’est certain que, pour atteindre les objectifs de 2034, on va arriver avec des exigences. »