La nouvelle ministre de l’Environnement, Pascale Déry, doute qu’il soit possible de protéger 30 % du territoire québécois d’ici 2030, un engagement qui découle de la COP15 sur la biodiversité tenue à Montréal en 2022.Actuellement, le Québec protège environ 18 % de son territoire, soit 1 % de plus qu’en 2020.« Est-ce réaliste » d’aller « chercher 13 % d’aires protégées supplémentaires d’ici 2030 », sachant que, dans les six dernières années, les aires protégées ont « augmenté de 1 % », a demandé le député péquiste Joël Arseneau à la ministre de l’Environnement, lors de l’étude des crédits budgétaires, mercredi à Québec.« Je suis confiante, pas d’atteindre la cible », mais « de tendre vers cette cible-là », a répondu Pascale Déry.La ministre de l’Environnement a ajouté qu’elle « préfère prendre le temps d’avoir vraiment des mesures de conservation qui ont de l’allure, plutôt que de faire un peu n’importe quoi pour atteindre la cible de 30 % […] c’est pourquoi l’appel à projets est important ».La nouvelle ministre a précisé qu’elle analyserait attentivement les 400 projets d’aires protégées qui ont été soumis au ministère de l’Environnement lors d’un appel en 2024.Pascale Déry a indiqué avoir « bon espoir » que certains de ces projets permettront de faire « des bonds importants » vers la cible de 30 % de protection du territoire.Elle a également précisé qu’un pour cent de protection du territoire correspond à 17 000 kilomètres carrés.« Donc, ça peut vous donner une idée de l’importance du travail. »Un engagement de l’accord de Kunming-MontréalLa préservation de 30 % des terres et des océans est l’objectif phare de l’accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, signé en 2022.En ouverture de la Conférence des parties (COP15) sur la biodiversité cette année-là, devant des délégués de 196 pays, mais aussi en présence du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antònio Guterres, le premier ministre François Legault avait pris « l’engagement d’atteindre la cible de 30 % d’aires protégées d’ici 2030 ».En 2024, le gouvernement provincial a publié son Plan nature 2030, une feuille de route dotée d’un budget de 922 millions de dollars qui doit permettre au Québec d’atteindre la protection de 30 % de son territoire dans les prochaines années.