Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Logement Logement Logement Tribune Collectif Au moment où les discussions sur le prochain budget vont débuter, des élus et des associations appellent, dans une tribune au « Monde », à modifier le calcul de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour permettre aux maires de l’augmenter dans les zones où le logement est sous tension. Publié aujourd’hui à 09h00, modifié à 12h35 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Avec plus de 3,7 millions de résidences secondaires, soit près de 10 % de son parc de logements, la France se place en première position au niveau européen. Le nombre de résidences secondaires a augmenté de façon importante depuis 1982, avec plus de 1,4 million d’unités supplémentaires. De nombreuses villes – souvent dans les régions touristiques sur le littoral ou en montagne, mais aussi dans les grandes métropoles – déplorent justement un nombre disproportionné de résidences secondaires. Si ce phénomène ne pose pas de difficulté dans les zones en déclin, certaines villes aux marchés particulièrement tendus sont parfois démunies, surtout lorsqu’il s’agit de loger leurs propres habitants permanents. Qu’elles servent à la location touristique ou de lieux de villégiature personnels, leur nombre dépasse parfois ce qu’une collectivité peut raisonnablement absorber, accroît la pénurie de logements et fait monter les prix de l’immobilier. Ainsi, Paris possède 138 000 résidences secondaires et autres pied-à-terre, soit 10 % de son parc, alors même que son marché locatif y est complètement saturé. Dans certaines communes du Pays basque, les résidences secondaires représentent jusqu’à 50 % des logements, faisant tripler la population pendant l’été. Dans le même temps, la pénurie de logements à la location y est telle que même les personnels saisonniers ne parviennent plus à se loger au moment de la forte affluence. La Bretagne connaît elle aussi ce paradoxe des villes aux volets clos en basse saison : en effet, le nombre d’habitants à l’année diminue dans de nombreuses communes, tandis que ceux qui restent ne trouvent plus à se loger. Jeunes et familles sont alors contraints de s’installer loin des villes, dans des zones moins chères, mais où le temps et l’argent consacrés aux transports pour rejoindre leur lieu de travail pèsent de plus en plus lourd. Peu d’outils de régulation Face à ce phénomène, les collectivités disposent de peu d’outils de régulation. Depuis la loi Le Meur-Echaniz, votée en 2024, il est possible d’inscrire des servitudes de résidence principale dans les plans locaux d’urbanisme. Cette mesure inspirée de la Suisse et de son interdiction de dépasser 20 % de résidences secondaires a permis à des villes comme Chamonix [Haute-Savoie] d’en limiter la multiplication sur son territoire. Mais elle ne s’applique qu’aux nouvelles constructions et reste sans effet sur le parc existant. Il vous reste 52.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.