Inaugurée au début de 2026, la seule galerie montréalaise consacrée exclusivement à la photographie roule à plein régime. À l’Espace Dès recherche photographique, le décor change toutes les trois semaines. La raison ? Donner à chacun de ses treize artistes l’occasion d’exposer individuellement. L’automne commencera cependant par l’exception : une expo de tout le clan.La nouvelle entité, qui a choisi de s’établir dans l’édifice Belgo, ne prétend être ni une galerie marchande ni un centre d’artistes. Sans étiquette, l’Espace Dès cultive, sinon la marginalité, la différence. Un endroit pour de la photographie uniquement ? Ça n’existait plus à Montréal depuis les fermetures des galeries La Castiglione (en 2022) et Art 45 (en 2025).C’est le photographe Denis Rioux, récemment exposé à Laroche-Joncas, galerie aujourd’hui fantomatique jadis attirée par les photographes, qui en a eu l’idée. Parmi les douze collègues qui ont répondu à son appel, Denis Farley, Janie Julien-Fort et Laurence Hervieux-Gosselin, photographes de trois générations distinctes, ont accepté de nous parler autour d’un café.Pour le plus expérimenté des trois, qui a obtenu sa maîtrise de l’Université Concordia dans les années 1980, l’Espace Dès comble le trou laissé il y a longtemps par des centres d’artistes, comme Dazibao, Optica ou VOX, lorsqu’ils ont abandonné leur spécificité photographique. « Il y a eu un décloisonnement, très intéressant, mais, dans ces lieux, la photo a été évacuée. [Les installations vidéo] sont devenues des mauvaises herbes qui envahissent, lâche-t-il, provoquant des rires autour de la table. Ça ne me fâche pas, mais il était possible de présenter du travail photo intéressant et, là, il n’y avait plus de place. »
L’Espace Dès, le clan des treize
La nouvelle galerie donne du souffle à la pratique de la photographie.










