La détresse des religieuses qui quittent l'Eglise

Une foi qui vacille, un désir d'ailleurs... Chez les religieux aussi, l'envie de changer de vie peut surgir. Mais lorsqu'il s'agit de quitter une vocation à laquelle on a consacré des années, le prix à payer peut être lourd. Voire très lourd.

C'est l'histoire de Véronique, qui témoigne au micro de RTL. À 20 ans, elle a décidé de dédier sa vie à un couvent des sœurs de Bethléem. Des années plus tard, elle a finalement quitté la communauté. Aujourd'hui, elle raconte son parcours pour éviter que d'autres vivent la même histoire.

"La porte m'a été ouverte tout de suite. Tu veux, tu viens, tu rentres. Sans autre forme de discernement", explique-t-elle. Mais au fil des années, elle perd le sens de son engagement et commence à s'estimer trop peu considérée. "J'avais essayé plusieurs fois de dire non, je veux partir. On m'a dit que c'était une tentation du démon. Si on me dit ça, bien moi j'essaye de lutter", poursuit-elle.

"Je n'avais de Bethléem que les habits que j'avais sur le dos"À l'âge de 34 ans, Véronique finit par sortir du couvent et se retrouve à la rue. "Je n'avais de Bethléem que les habits que j'avais sur le dos. C'est-à-dire qu'elles ne m'ont rien donné du tout. Je me suis quasiment retrouvée à la rue. Heureusement, j'avais mes parents", raconte-t-elle. À cause du vœu de pauvreté, les sœurs de Bethléem n'ont pas de compte en banque. Résultat : les femmes souhaitant quitter l'établissement ont beaucoup de difficultés à trouver un logement, obtenir les aides auxquelles elles ont droit, se faire une situation stable. Certaines finissent même à la rue, faute de ressources.