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ReportageCélébrée aux Etats-Unis, où ses toiles font partie de l’imaginaire collectif, la peintre américaine qui a surtout vécu en France reste méconnue dans son pays d’adoption. Cent ans après sa mort, celle dont Edgar Degas admirait le travail est à l’honneur d’une grande exposition à Paris.

Château de Bachivillers, 1892, dans l’Oise. Dans la belle demeure de brique rouge, la peintre Mary Cassatt s’affaire sur une œuvre monumentale. Installée depuis près de vingt ans en France, elle a reçu la commande d’une fresque de trois panneaux, allégorie de la femme moderne, destinée à l’Exposition universelle de Chicago, prévue quelques mois plus tard. Dans le parc du domaine, l’Américaine s’est fait construire une serre pour y installer son atelier. Elle y fait fabriquer des structures métalliques dotées d’escaliers, pour pouvoir hisser les toiles aux dimensions impressionnantes : 17,68 mètres de long sur 3,66 mètres de haut.

Aujourd’hui, le bâtiment est envahi par la végétation. La porte est coincée par les ronces, mais les échafaudages en métal sont toujours là. Tout comme le verger, à l’arrière de la demeure. Entourés de murs de pierre calcaire, quelques arbres fruitiers continuent d’y prospérer. Retraité de l’aéronautique et historien de l’association Les Amis de Mary Cassatt, Michel Chacon prend soin de montrer, reproductions à l’appui, les similitudes entre les tableaux peints par Mary Cassatt et le décor des lieux. « Peut-être le prunier a-t-il été planté par Mary », s’interroge celle qui l’accompagne, Marie-Christine Maufus, la vice-présidente de l’association.