Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Les conversations du Monde des livres Les conversations du Monde des livres Les conversations du Monde des livres L'écrivain expose quelques clés de lecture de l’univers romanesque dont les onze titres de « Retour au goudron » sont la coda. Article réservé aux abonnés Alors que se clôt, par la parution chez 11 éditeurs différents des 11 volumes du cycle Retour au goudron, la saga littéraire du « post-exotisme » amorcée en 1985, Antoine Volodine revient sur ce geste ultime. Il éclaire les étapes formelles de la construction de cette somme fictionnelle, les grandes influences qui l’ont guidée, la place prédominante qu’occupe, dans sa genèse et son cours, Le Livre des morts tibétain, source de liberté narrative et de richesse mythique, la nature de ses personnages et surtout l’essence postapocalyptique de son message. Rares sont les écrivains qui décident d’arrêter d’écrire. Pourquoi cette décision et pourquoi maintenant ? C’est une décision raisonnable. Il faut savoir se retirer, plutôt qu’attendre que la Faucheuse se charge de porter le coup fatal. On n’est jamais prêt si on se fie à elle, Madame la Gauche mort (je reprends ici une figure mythique du post-exotisme), pour organiser la sortie de scène. Or je suis arrivé à un moment où je peux me retourner et regarder derrière moi le travail accompli. Les 49 titres promis sont là, l’édifice à plusieurs voix est construit, je l’ai posé. Il existe à présent quelque part, dans les marges littéraires mais bien visible, du moins pour quelques années encore ou quelques mois. Disons jusqu’à Noël. Rien à ajouter. Ces dernières années, j’ai eu peur de ne pas atteindre le bout, pour des raisons médicales, tout particulièrement. Eh bien, je suis arrivé à la fin de ce que je m’étais fixé comme travail. Il vous reste 81.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.