Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Justice Justice Justice Tribune François Molins Procureur général honoraire près la Cour de cassation A quelques jours de l’examen de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, le procureur général honoraire près la Cour de cassation revient, dans une tribune au « Monde », sur les causes systémiques qui entravent le bon fonctionnement de la justice. Publié le 01 septembre 2026 à 06h00, modifié le 01 septembre 2026 à 17h18 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’affaire Lyhanna a suscité une intense émotion. Le système judiciaire n’a pas su protéger cette enfant [disparue le 29 mai à Fleurance (Gers), puis retrouvée morte six jours plus tard], alors qu’un traitement plus diligent de la plainte concernant la petite Rosa [dont la mère avait porté plainte pour viol contre Jérôme Barella, le suspect principal, avant la mort de Lyhanna] aurait pu le permettre. Tous les magistrats ont conscience de cet échec. L’impact de cette affaire est terrible et accentue encore le sentiment de défiance et de cassure entre la société et sa justice. Si des dysfonctionnements individuels ont eu lieu, il est normal qu’ils soient sanctionnés. En revanche, il ne faut pas se lancer dans une logique de bouc émissaire et d’amalgame contre une institution qui fait son travail comme elle le peut, avec les moyens dont elle dispose, et qui ne tient debout que grâce au dévouement quotidien et à l’engagement des magistrats, des greffiers et des assistants. A quelques jours de l’examen par l’Assemblée nationale de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles [lundi 7 septembre], ce sujet nous engage tous et doit appeler, avec responsabilité, à de vraies réponses de fond pour restaurer la confiance dans la justice. Au-delà des dysfonctionnements individuels, qu’il appartiendra aux instances disciplinaires d’apprécier, la seule question qui vaille est de savoir quoi faire pour que cet échec ne se renouvelle pas et que l’action judiciaire soit au niveau des attentes de la société. Il vous reste 76.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.