Le Prix des libraires Folio, en partenariat avec “Télérama”, couronne l’attachant récit familial de l’écrivaine et plasticienne, autour des derniers jours de son père. Dans la nouvelle catégorie polar, la lauréate est Dolores Redondo pour “En attendant le déluge”. Clémentine Mélois signe un très beau récit familial autour de la mort de son père. Photo Francesca Mantovani/Gallimard Publié le 01 septembre 2026 à 15h30 Paru chez Gallimard, dans la collection L’Arbalète, en août 2024, et disponible au format de poche depuis avril, Alors c’est bien, le très beau récit familial de l’écrivaine et plasticienne Clémentine Mélois — centré sur la figure de son père décédé, le sculpteur Bernard Mélois —, vient de recevoir le prix des libraires Folio, organisé chaque année en partenariat avec Télérama. Quelque quatre cent cinquante libraires ont ainsi participé au vote, et ont donc désigné ce livre sensible, poignant et rempli de fantaisie. Au palmarès du prix, Clémentine Mélois succède, entre autres, à Rebecca Lighieri (Les Garçons de l’été), Nathan Hill (Les Fantômes du vieux pays), Jón Kalman Stefánsson (Ásta), Santiago Amigorena (Le Ghetto intérieur), ou encore Bernhard Schlink (La Petite-Fille). Et dans la toute nouvelle catégorie polar/thriller, c’est sur En attendant le déluge, de l’autrice espagnole Dolores Redondo, paru également en août 2024, dans la collection Série noire de Gallimard, et en poche en mars dernier, que s’est porté le choix des libraires. Voici la critique d’Alors c’est bien que nous avions publiée en août 2024, au moment de la sortie du livre en grand format : «Je suis mort, là ? – Non, pas encore, papa, mais c’est pour bientôt. Tu vas t’endormir, et tu ne te réveilleras pas. – Alors c’est bien. » Heureux qui, comme le sculpteur Bernard Mélois, peut s’exprimer ainsi au seuil de son dernier voyage. Il s’éteignit, à 84 ans, dans la petite maison familiale en bord de forêt de La Ferté-Milon, dont il avait fait aussi son atelier. Il était entouré de l’affection de ses trois filles et de sa femme, Michèle, l’amante, la sœur, l’amie, le soutien, passionnément aimée jusqu’au bout. Avec tendresse et fantaisie, la dernière de la féminine tribu, la plasticienne et écrivaine Clémentine Mélois, dresse ici un « tombeau » dans la plus poétique – mais foutraque – tradition littéraire à celui qu’elle appelait « Pap ». Et Alors c’est bien, qui prend pour titre ces derniers mots, se prend à défier et la mort et le deuil. En courts chapitres volontairement désordonnés, l’oulipienne autrice de 44 ans déjoue non seulement les conventions funèbres et funéraires, pour doucement conter une agonie, mais dessine le portrait plein de grâce et de drôlerie d’un distrait « bricoleur de l’inutile », comme il disait, qui trois semaines avant de disparaître sculptait encore ses tôles émaillées de récup de toutes formes et toutes couleurs. Atteint d’un cancer, Bernard Mélois se préparait à mourir depuis longtemps, et quand Clémentine se mit en tête de peindre à l’avance son cercueil, il préféra tranquillement le bleu roi. Lire la suite de notre critique “Alors c’est bien” de Clémentine Mélois Voici la rencontre avec Dolores Redondo que nous avions publiée au moment de la sortie d’En attendant le déluge en grand format : Dans ce polar obsessionnel d’une grande richesse, Dolores Redondo a en commun avec l’auteur du Dahlia noir une fascination pour le « true crime », ici celui de Bible John, un authentique tueur en série écossais qui assassina sauvagement trois femmes à la fin des années 1960 sans jamais être arrêté. L’autrice de la trilogie du Baztán bascule dans la fiction en mettant sur sa trace l’inspecteur Noah Scott Sherrington qui, au début des années 1980, relance la traque pour se retrouver emporté de Glasgow à Bilbao, à la veille des inondations qui vont dévaster la ville du Pays basque. Un désastre dont Redondo garde encore un puissant souvenir d’adolescence, venue passer des vacances en famille dans la région au même moment. Et Sherrington d’enquêter sans relâche, jusqu’au vertige, à l’intérieur une intrigue profondément humaine et documentée qui rejoint les passions mythologiques de Redondo. De quoi donner envie de rencontrer l’écrivaine, dont le style continue de s’affirmer à chaque nouveau livre. Lire notre article Dolores Redondo : “Un écrivain ne doit pas avoir de bannière” Livres Prix littéraires Littérature Polar Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus