Livres REPÉRÉE — Elle signe “Décolorer sa fille”. En cette rentrée littéraire, Lucie Bérard se fait remarquer avec son roman sur l’ambiguïté du lien mère-fille, qui entremêle images cinématographiques et poésie. Photo Dorian Prost Par Caroline Pernes Publié le 07 septembre 2026 à 14h30 Sur le balcon d’une tour HLM, une mère décolore à mains nues les cheveux de sa fille. Lucie Bérard voit dans ce geste « un acte de transmission paradoxal » : corvée, douleur, et une certaine idée de la féminité. La scène inspire son premier roman, Décolorer sa fille. « J’avais le décor, un fil à tirer. » Avant la littérature, elle se consacre au cinéma. Cinq ans d’études, des scénarios de courts métrages, ses « premiers gestes d’écriture ». À 20 ans, elle découvre la poésie, reçoit un retour encourageant d’une maison d’édition, qui lui lance un pari : pourquoi pas un roman ? « Un roman ! J’étais hyper impressionnée. » Pour créer la voix de son personnage principal, Paula, esthéticienne obsédée par la propreté, elle mélange cinéma et poésie. La minutie des gestes et des expressions pour dévoiler les émotions, « la part d’étrange ». Ses références ? Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec mais aussi les héroïnes « solitaires, d’apparence absolument banale » de la littérature japonaise contemporaine, de Banana Yoshimoto à Mieko Kawakami. Une littérature du quotidien. La sienne s’attache surtout aux relations entre femmes, à l’ambiguïté du lien mère-fille, où « l’amour peut souvent flirter avec l’emprise ». Un roman qu’on n’hésitera pas à qualifier de réussite sous les rires incrédules de la jeune autrice — « j’ai bien fait de venir ! » rDécolorer sa fille, éd. Les Intranquilles, 254 p., 20 €. À lire aussi : “J’écarte complètement l’idée de perfection maternelle” : comment déconstruire le mythe de la “bonne mère” de famille À lire aussi : Les meilleurs livres de la rentrée littéraire 2026, selon “Télérama” Livres Repéré Rentrée littéraire 2026 Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Rentrée littéraire 2026 : Lucie Bérard, une primo-romancière à suivre
REPÉRÉE — Elle signe “Décolorer sa fille”. En cette rentrée littéraire, Lucie Bérard se fait remarquer avec son roman sur l’ambiguïté du lien mère-fille, qui entremêle images cinématographiques et poésie.









