Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Cinéma Cinéma Cinéma Le réalisateur dresse le portrait d’un homme en son absence, à partir des piles de Post-it et de carnets numériques qu’il a laissés après sa mort. De cette matière supposément ingrate se dégage peu à peu une poésie minimale, un inventaire à la Perec. Article réservé aux abonnés L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER Qui sait, en définitive, de quoi est fait un homme, les mondes qu’il renferme, les chemins et complexions qui se nouent au fond de lui ? A plus forte raison quand cet homme est son père, car alors le plus proche et aussi le plus lointain. A la mort de son père, durant la crise du Covid-19, le cinéaste Gaël Lépingle, observateur d’une France et de sensibilités périphériques (Seuls les pirates, 2018 ; Des garçons de province, 2022), a découvert, dans les tiroirs de la maison parentale, des piles de Post-it, mais aussi des carnets numériques, soigneusement compilés. Sur ceux-ci étaient scrupuleusement consignés les moindres faits et gestes du quotidien, les allées et venues, la liste de choses faites ou à faire. Des notes fonctionnelles, qui, mises bout à bout, composent pourtant un curieux texte posthume : le texte d’une vie, qui sera aussi celui du film. Retour avant 15 heures dresse donc le portrait in absentia de ce père, Dominique Lépingle, à partir des traces qu’il a laissées. Pour l’incarner, le cinéaste a fait appel au comédien Serge Renko, orfèvre de la douceur rentrée. Ainsi vaque-t-il aux mêmes occupations, dans le décor qui a constitué le centre de gravité de son existence : le pavillon de l’Orléanais, au cœur du quartier résidentiel où il a vécu. Son texte est donc constitué exclusivement de ces fameuses notes sèches, où les enjeux sont à ras de quotidienneté : réparer la tondeuse, élaguer les arbres du jardin, entretenir la terrasse. Il vous reste 69.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Avec « Retour avant 15 heures », le cinéaste Gaël Lépingle se glisse dans les petits pas du quotidien d’un père, en son royaume pavillonnaire
Le réalisateur dresse le portrait d’un homme en son absence, à partir des piles de Post-it et de carnets numériques qu’il a laissés après sa mort. De cette matière supposément ingrate se dégage peu à peu une poésie minimale, un inventaire à la Perec.







