Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Cinéma Cinéma Cinéma Le cinéaste raconte comment il s’est inspiré de la correspondance entre une directrice d’Ehpad et une metteuse en scène atteinte d’un cancer. Fidèle à sa discrétion, il refuse de faire de son cinéma le miroir de ses convictions. Article réservé aux abonnés « Je ne sais pas qui je suis. Je ne me comprends pas. » Quand on l’interroge à distance en ce mois de juillet, Ryusuke Hamaguchi a bien du mal à répondre à une des questions qui traverse son nouveau long-métrage. Dans Soudain, double Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes, en mai, Marie-Lou (Virginie Efira) et Mari (Tao Okamoto) ne cessent de se demander qui elles sont vraiment. Comprendre : des individus complexes qu’on ne peut ramener à leur seule fonction, respectivement directrice d’Ehpad et metteuse en scène. « S’il faut une réponse simple, je dirais que je suis un cinéaste, mais que je ne me limite pas à cette définition », indique Hamaguchi, sans donner plus de précisions. Echanger une heure avec le réalisateur d’Asako I & II (2019), de Drive My Car (2021) ou encore de Le mal n’existe pas (2024), l’un des plus en vue de sa génération, primé tour à tour à Berlin, Cannes et Venise, c’est devoir faire avec cette pudeur. Volubile, Ryusuke Hamaguchi, 47 ans, ramène sans cesse la conversation à son film qu’il souhaitait « authentique et naturel ». Quand on l’interroge sur son rapport au théâtre, pourtant omniprésent dans son œuvre, il explique ainsi qu’il y va très peu et qu’il n’a pas de souvenirs particuliers de pièces marquantes. « C’est une activité qui existe dans notre réalité et que les gens pratiquent, ajoute-t-il, lui permettant notamment de justifier le penchant très bavard de son cinéma. Moi, j’ai tendance à créer mes œuvres à partir du dialogue. C’est de là que l’histoire va commencer à se constituer. » Ainsi, Hamaguchi aime répéter longuement le texte avec ses comédiens en amont du tournage pour qu’ils en soient pleinement imprégnés. Il vous reste 67.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.