Joseph Jjagwe, membre de la 1re cohorte des « 100 doctorats pour l'Afrique », a publié en août un nouvelle article. Sa recherche explore une solution innovante pour éliminer le plomb et le cadmium de l’eau potable en valorisant des déchets industriels et agricoles.Dans de nombreuses régions, la contamination de l’eau potable par des métaux lourds comme le plomb (Pb) et le cadmium (Cd) représente un enjeu majeur de santé publique, y compris à de très faibles concentrations. Dans sa récente publication, Joseph propose une approche fondée sur l’économie circulaire : transformer deux sources de déchets disponibles localement — des résidus d’oxyde de fer issus de l’industrie sidérurgique et des balles de riz — en un matériau capable de capturer ces contaminants présents dans l’eau.Les résultats obtenus sont particulièrement prometteurs. Le nanocomposite développé permet d’éliminer plus de 95 % du plomb et près de 94 % du cadmium dans les conditions optimales de laboratoire. Grâce à ses propriétés magnétiques, le matériau peut également être facilement récupéré après traitement. Il conserve par ailleurs plus de 80 % de sa capacité d’adsorption après cinq cycles de régénération, ouvrant des perspectives intéressantes pour une utilisation durable et potentiellement abordable.Testée sur quatre sources réelles d’eau potable en Ouganda, la solution a permis d’atteindre les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour le plomb dans trois cas sur quatre et pour le cadmium dans les cas applicables. Cette recherche illustre ainsi la manière dont l’expertise scientifique peut contribuer à répondre à des défis concrets en Afrique, en s’appuyant sur les ressources et les réalités locales. Elle témoigne également de l’ambition des « 100 doctorats pour l'Afrique » : soutenir une nouvelle génération de chercheurs africains capables de produire des connaissances et de développer des solutions à fort impact pour le continent.Financement« 100 doctorats pour l'Afrique » est un programme issu de l'initiative « Excellence en Afrique » mise en place par l'UM6P et le Centre EXAF (EPFL).