Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Biodiversité Biodiversité Biodiversité Tribune Collectif Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont tués chaque année, sans que rien ne prouve le bénéfice économique ou écologique de ces destructions, dénonce un collectif de défenseurs de l’environnement dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Chaque année, en moyenne, 1,7 million d’animaux sauvages sont tués par tir, piégeage ou déterrage, au motif qu’ils figurent sur la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Il est reproché à ces renards, fouines, martres, belettes, corneilles noires, corbeaux freux, pies, étourneaux et geais, selon les cas, de causer des dommages aux activités humaines ou aux biens, de nuire à la faune et à la flore, ou encore de menacer la santé et la sécurité publiques. Le ministère de la transition écologique vient de publier l’arrêté qui renouvelle, pour trois ans, le classement de ces animaux sur la liste des ESOD dits du groupe 2 et autorise leur destruction en dehors des périodes de chasse, sans limite de nombre et même en l’absence de dégâts constatés. Longtemps admise de manière implicite par les pouvoirs publics, la nécessité de ces destructions est remise en cause par les études scientifiques, qui notent leur inefficacité et leurs effets néfastes, tandis qu’un récent rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable recommande un changement de paradigme et l’abandon de l’arrêté triennal ESOD. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe pas de preuve que les destructions d’ESOD permettent de réduire les dommages. A l’heure de l’évaluation des politiques publiques, aucune n’a été menée sur les effets de la réglementation. Dans le cadre d’une étude parue en avril, des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, ont analysé sept années de données officielles et n’ont trouvé aucun lien de corrélation entre le nombre d’animaux tués durant une année donnée et les dégâts de l’année suivante. Services écosystémiques Tuer plus d’animaux ne fait pas baisser les pertes économiques et inversement, tuer moins d’animaux ne fait pas augmenter ces pertes. Rien n’indique que ces destructions apportent un quelconque bénéfice économique ou écologique, alors qu’elles peuvent coûter jusqu’à huit fois plus cher que les dommages imputés aux espèces incriminées. Il vous reste 69.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Animaux sauvages : « Nous sommes le seul pays à détruire systématiquement une espèce en prévention des dégâts qu’elle pourrait occasionner »
TRIBUNE. Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont tués chaque année, sans que rien ne prouve le bénéfice économique ou écologique de ces destructions, dénonce un collectif de défenseurs de l’environnement dans une tribune au « Monde ».






