Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Naissance d’un livre Naissance d’un livre Naissance d’un livre Nos incompréhensions mutuelles sont au centre du deuxième roman de l’écrivaine, qui met en scène une ingénieure assez rationnelle confrontée à une mère complotiste et à un frère rebelle. Article réservé aux abonnés Sélectionné pour le Prix littéraire « Le Monde » 2026 « Zones à défendre », de Bénédicte Dupré la Tour, Flammarion, 352 p., 21,50 €, numérique 15 €. A ce stade, Bénédicte Dupré la Tour a publié deux romans, mais elle l’assure : « Mes projets de livres commencent toujours par une phrase qui m’obsède, sur laquelle je viens buter. » Son premier, Terres promises (Panseur, 2024), est ainsi né d’une phrase « mille fois entendue à la messe », souligne l’écrivaine, au téléphone : « Dis seulement une parole et je serai guéri. » Dans le cas de Zones à défendre, le deuxième, la sentence « pas digérée » a été prononcée en janvier 2015, après l’attentat contre Charlie Hebdo. « J’étais horrifiée par ce qui s’était produit, et quelqu’un de mon entourage m’a dit : “Eh bien moi, je ne suis pas Charlie.” » Si Bénédicte Dupré la Tour brandissait, elle, le mot d’ordre inverse, il lui apparaissait qu’« au nom de la liberté d’expression », elle devait accepter qu’autrui ne s’y reconnaisse pas. « Je revenais à ce paradoxe et à cette phrase qui me heurtait. » S’impose alors l’idée d’un récit, « un huis clos familial, au moment où se produisent les attentats, avec une mère, un fils et une fille qui ne se comprennent pas ». Le « manque de distance » et le « style outrancier » du premier jet la poussent à laisser le manuscrit de côté. Quelques années plus tard, en pleine pandémie de Covid-19, l’envie de le reprendre la saisit après non pas une formule marquante, mais toute une conversation. Celle à laquelle elle assiste lors d’un trajet de la Bretagne à Lyon (« huit heures de route ») entre une mère et sa fille, rencontrées par l’intermédiaire de la plateforme de covoiturage Blablacar. A l’arrière, Bénédicte Dupré la Tour écoute les passes d’armes sur le virus où s’affrontent l’une, « complètement complotiste », et l’autre, « une ingénieure hypercartésienne ». Leur passagère, après un premier moment de grand embarras, se met à prendre mentalement des notes et à réfléchir à « ces sujets sur lesquels on n’arrive plus du tout à échanger, y compris avec ses proches », ainsi qu’à cette « autre pandémie qui est celle des “vérités alternatives”, ces attaques faites au réel ». Il vous reste 70.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Histoire du livre « Zones à défendre », roman d’une société fragmentée de Bénédicte Dupré la Tour, né d’un trajet en Blablacar
Nos incompréhensions mutuelles sont au centre du deuxième roman de l’écrivaine, qui met en scène une ingénieure assez rationnelle confrontée à une mère complotiste et à un frère rebelle.








