Création emblématique, chef-d’œuvre méconnu ou artefact chouchou : cette série présente chaque fois une pièce de collection soigneusement choisie pour incarner un courant, une époque ou la simple raison d’être d’un musée.
Le petit Musée d’art contemporain des Laurentides (MAC LAU) est un peu caché. Sis discrètement au deuxième étage du vieux palais de justice de Saint-Jérôme, coincé au centre d’un vertical sandwich entre la bibliothèque et les locaux de l’organisme Histoire et archives Laurentides, on peut passer devant sans le voir. Comme on peut rater son attrait le plus original : sa collection suspendue, cachée au-dessus de toutes les têtes…À la billetterie, en vous accueillant, il arrive qu’on vous remette… une lampe de poche. Pourtant, des néons émane l’habituelle lumière bleue des lieux publics. Mais si vous allumez votre lampe de poche…… et que vous levez les yeux au ciel dans la petite pièce principale du musée, vous verrez apparaître sous le faisceau en traits bleu mauve un personnage mirifique, des formes, des lettres, quelques bêtes, qui ornent comme à l’encre invisible les très ordinaires tuiles à plafond suspendu, et ne se révèlent que sous l’éclat de black light.
Votre journaliste s’est retrouvée couchée sur le dos au beau milieu du plancher, pour mieux observer les dessins de 29 artistes, dont Karen Tam, Bonnie Baxter, André Fournelle, Rober Racine, la Famille Plouffe et Peter Gnass.« Il y en a partout dans la salle », explique la conservatrice et codirectrice par intérim Elizabeth Lauzon. Le projet a produit une exposition en 2020, Quand la collection prédit l’avenir.Critique très créative« Quand, comme musée, on acquiert des tuiles du plafond et on le travaille comme espace d’exposition, c’est parce qu’on manque d’espace… », sourit Mme Lauzon. Le MAC LAU fait 2000 pieds carrés.Le geste, muséalement créatif et très joueur, est « un peu une critique institutionnelle qu’on a gentiment faite au ministère de la Culture ».En effet, dans les critères de financement de cette époque, un musée qui possédait une collection de plus de 1000 œuvres obtenait plus de points, et donc plus de chances d’avoir un financement au supérieur. Un musée qui en avait 5000 avait encore un point de plus. « C’est purement quantitatif », estime la conservatrice.Le MAC LAU comptait alors 800 œuvres, et très peu d’espace. « On s’est dit qu’à chaque année, si on faisait faire une cinquantaine d’œuvres par an pour le plafond, ça serait pas long qu’on arriverait à 1000… »






