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RécitEn 1960, le ministre André Malraux commande à Marc Chagall une peinture pour moderniser le plafond de l’Opéra Garnier, masquant ainsi l’œuvre peinte au XIXᵉsiècle. Cette décision controversée va cristalliser la guerre entre deux visions du patrimoine. Aujourd’hui, un descendant de Jules-Eugène Lenepveu remue ciel et terre pour faire réapparaître la création originelle de son aïeul.

Il a donné rendez-vous en juin en face de l’Opéra Garnier, dans le 9e arrondissement de Paris. Attablé à la brasserie L’Entracte, il patiente avec la copie des lettres qu’il a expédiées au président Emmanuel Macron et à la ministre de la culture Catherine Pégard. Arnaud Carayon, 58 ans, est le « quatre fois » arrière-petit-neveu de Jules-Eugène Lenepveu (1819-1898). Un peintre qui eut son heure de gloire quand il fut choisi par l’architecte Charles Garnier (1825-1898) pour créer le plafond de l’Opéra de Paris inauguré en 1875, mais que la postérité a malmené.

Et pour cause, son œuvre a disparu, recouverte, en septembre 1964, par une autre fresque : un chef-d’œuvre, à la renommée mondiale, de Marc Chagall (1887-1985). Garnier a, depuis lors, deux plafonds superposés. Et Arnaud Carayon, qui s’est fait imprimer des cartes de visite à l’effigie de la coupole de son aïeul, ferraille pour que le public revoie celui de son ancêtre.