« Un musée, une œuvre » : cet été, les journalistes du Devoir se tournent vers les conservateurs de musée en leur demandant de sélectionner une œuvre de leur collection qui mérite d’être admirée, découverte, révélée. Notre tour de la province muséale se continue au Musée d’art de Joliette (MAJ), où Ariane De Blois, conservatrice des collections et des expositions, et sa collègue Nathalie Galego portent notre attention sur une œuvre signée Ozias Leduc, Nature morte, oignons.

Une fois franchie la lourde porte de la grande réserve, nul besoin de chercher dans les imposants rayonnages mobiles sur rails ou parmi les grilles à tableaux protégeant des milliers d’œuvres, d’objets et de documents : l’élue des muséologues comme emblème du Musée d’art de Joliette (MAJ) est la première à se dévoiler, bien en vue et impossible à manquer.La petite huile de format couronne (36,5 cm X 45,7 cm) signée Ozias Leduc (1864-1955) datée de 1892 s’intitule Nature morte, oignons. La composition montre une vingtaine de bulbes rouges sur une table et dans un bol cuivré qui en reflète certains. Un couteau a servi à peler et couper en deux un des légumes, dont la blancheur tranche avec le reste des tons chauds.Cette toile a été présentée une première fois en 1893 à Montréal dans l’exposition annuelle de l’Académie royale des arts du Canada. Elle a ensuite représenté le pays au pavillon des arts de l’Exposition universelle de Chicago durant la même année.