Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Éditorial Le Monde L’organisation patronale entend être un acteur de la campagne présidentielle de 2027. Si plusieurs de ses griefs sont légitimes, le Medef doit sortir de son intransigeance sur la question des retraites et s’opposer fermement au Rasssemblement national. Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 2 min. Le fait que le principal événement de la rentrée politique ait lieu, à huit mois de l’élection présidentielle, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF, l’université d’été du Medef) n’a rien d’anecdotique. Cela montre la volonté de l’organisation patronale de jouer les premiers rôles lors de la campagne qui s’ouvre. Jeudi 27 août, à Roland-Garros, où se tenait la REF, les sept principaux prétendants à l’Elysée ont ainsi échangé et répondu, côte à côte, aux questions sur leurs programmes économiques. Patrick Martin, le président du Medef, entend donner une place active à son organisation, pour qu’elle soit « omniprésente » dans le débat politique, pour y imposer ses thèmes. Le Medef, comme les syndicats de salariés, est tout à fait légitime à faire entendre sa voix et à exposer ses griefs aux candidats. Les patrons jouent un rôle de premier plan dans le dialogue social, et leurs inquiétudes face à une situation économique dégradée – dette record, mauvais chiffres du chômage, augmentation mondiale du prix des matières premières, flambée des prix de l’énergie – peuvent s’entendre. Cependant, ce droit d’intervention doit s’accompagner d’un devoir de responsabilité. Les employeurs doivent aussi entendre la nécessité d’une répartition des efforts d’économies qui passe, notamment, par la reconduction de la taxe « exceptionnelle » sur les grandes entreprises. Ils doivent également sortir du blocage sur la question des retraites, qui sera l’un des sujets au cœur de la campagne présidentielle et l’une des priorités du prochain chef de l’Etat. Lors du « conclave » sur le sujet, lancé en 2025 par François Bayrou, alors premier ministre, le Medef avait montré son intransigeance, en particulier sur la prise en compte des métiers pénibles, dans les règles sur le versement des pensions. Les négociations avaient ainsi échoué après quatre mois de réunions. Le fil des discussions avec les syndicats doit se renouer. En ce sens, le début d’une reprise du dialogue avec les organisations de salariés dans le cadre de l’« agenda social autonome » est un signal positif. Enfin, la responsabilité politique implique également la fin des ambiguïtés de Patrick Martin – vis-à-vis du Rassemblement national (RN) – il dit ne pas savoir « répondre » quand on lui demande si Marine Le Pen est d’extrême droite. L’opposition à ce parti ne peut pas se résumer à la seule dénonciation de son programme économique. Le danger du RN réside principalement dans son programme xénophobe, articulé autour de la préférence nationale, jugée contraire à la Constitution par le Conseil constitutionnel en 2024, et ses mesures de lutte contre l’immigration. Citons, par exemple, la restriction du regroupement familial, la suppression des allocations familiales pour les ménages étrangers, la suppression de l’aide médicale de l’Etat, la suppression du droit du sol. En son temps, Laurence Parisot, présidente du Medef entre 2005 et 2013, avait su articuler sa double opposition au Front national (ancêtre du RN), aussi bien sur les propositions économiques que sur le plan des valeurs. Un travail qu’elle avait synthétisé dans un livre, Un piège bleu Marine (Calmann-Lévy, 2011). Le Medef de 2027 doit s’en inspirer pour savoir de nouveau reconnaître un parti d’extrême droite. Le Monde
Présidentielle 2027 : le devoir de responsabilité du Medef
ÉDITORIAL. L’organisation patronale entend être un acteur de la campagne présidentielle de 2027. Si plusieurs de ses griefs sont légitimes, le Medef doit sortir de son intransigeance sur la question des retraites et s’opposer fermement au Rasssemblement national.











