Bruno Grandjean, patron de l’ETI Redex, réagit au débat entre les sept candidats à la présidentielle organisé par le Medef.De passage le mercredi 26 août à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), Bruno Grandjean a préféré assister au duel politique du jeudi 27 à Roland-Garros à distance, en regardant LCI. « Il faut bien travailler un peu », plaisante-t-il. Patron de Redex Group, une ETI du Loiret spécialisée dans les machines-outils de haute précision et tournée vers l’export, il nous livre sa réaction après le grand oral des candidats à l’élection présidentielle organisé par le Medef sur le court Philippe-Chatrier… et ses espoirs de chef d’entreprise pour 2027. Entretien.Le Point : Quel regard portez-vous sur ce grand oral des prétendants à l’Élysée organisé par le Medef ?Bruno Grandjean : L’exercice avait un côté « zapping », mais il a offert un bon comparatif des produits en rayon. Réunir la quasi-totalité des candidats à Roland-Garros est une belle opération, parfaitement gérée, dans ce cadre et ce moment particulier qui fait la transition entre la fin de l’été et la rentrée économique.Sur le fond, on a vu un bloc central globalement d’accord sur beaucoup de sujets entre Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal. Raphaël Glucksmann s’est montré pertinent sur les dossiers européens et internationaux, nettement moins sur le reste. Quant au duo Mélenchon-Le Pen… Les deux extrêmes se nourrissent l’un de l’autre et ne rêvent que d’un second tour LFI-RN.Vous redoutez particulièrement ce face-à-face entre les deux blocs extrêmes ?J’ai une vraie hantise de ce scénario. Au vu de l’atomisation actuelle du bloc central, c’est pourtant ce qui se profile, même si cela semble surréaliste. Ce duel mortifère porte en lui une immense violence, à l’image des récents propos de Manon Aubry qualifiant les milliardaires de « nuisibles ». Après ce genre d’attaques, où s’arrête-t-on ?Marine Le Pen est en quête permanente de respectabilité, mais elle demeure très peu crédible sur les questions économiques. Jouer les mères-la-rigueur sans vouloir toucher aux retraites, c’est de la poudre de perlimpinpin. Dénoncer un État « obèse » relève de la pure démagogie : le poids de la dépense publique vient des retraites et du modèle social, pas du régalien où nous manquons cruellement de moyens pour la justice ou l’éducation.On pourra toujours gratter quelques économies sur les agences publiques, mais ce n’est pas cela qui nous permettra de répondre aux défis de la France. Face à cette perspective, une alternative solide doit impérativement se mettre en place.Quelle forme devrait prendre cette alternative, selon vous ?Deux figures absentes de la tribune ont pourtant plané sur les débats, et me semblent intéressantes. David Lisnard, dont les idées ont été largement reprises, notamment par Bruno Retailleau, et François Hollande, cité à plusieurs reprises. Le bloc central ferait mieux de se rassembler derrière une candidature unique plutôt que de se disperser…Et pourquoi pas un patron ? Il faut une personnalité charpentée, issue du monde du travail, et non un énième professionnel de la politique rompu à la seule tambouille électorale. C’est pourquoi je ne crois pas à un retour de ceux qui ont été récemment Premiers ministres, ni Gabriel Attal ni Édouard Philippe. J’aimerais voir émerger un vrai patron comme Jean-Dominique Senard ou Patrick Pouyanné : quelqu’un qui a une vision, qui a dirigé un grand groupe à l’international et qui a fait ses preuves dans la mondialisation.Quelle mesure est essentielle selon vous ?La TVA sociale (une hausse de la TVA qui permet de financer un allègement des charges, NDLR). C’est une excellente mesure qui redonnerait une vraie bouffée d’oxygène aux industriels et au « Made in France ». Cela aurait un effet qui peut s’apparenter à une petite dévaluation de 2 à 3 %, en rendant nos entreprises plus compétitives, et en mettant à contribution les importateurs. Les extrêmes crieront à l’atteinte au pouvoir d’achat, mais la réalité, c’est qu’on ne pénalise pas les consommateurs, mais les produits importés, afin de soutenir nos usines.
Grand oral du Medef : les candidats à la présidentielle vus par un patron d’ETI
Bruno Grandjean, patron de l’ETI Redex, réagit au débat entre les sept candidats à la présidentielle organisé par le Medef.










