Pendant plus de trois heures, au lieu de deux programmées,les principaux candidats ont répondu aux questions précises de cinq chefs d'entreprise.

Publié le 27/08/2026 23:23

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Un débat entre candidats à l'élection présidentielle organisé par le Medef à Paris, le 27 août 2026. (SERGE TENANI / HANS LUCAS / AFP)

Spectateurs privilégiés du premier débat de la présidentielle organisé jeudi 27 août par le Medef à Roland-Garros, les chefs d'entreprise interrogés par l'AFP ont savouré le moment, l'ont jugé un peu long, mais n'ont pas eu de révélation : les candidats défendant la politique de l'offre sont toujours leurs favoris.Pendant plus de trois heures, au lieu de deux programmées, et dans une ambiance studieuse et assez respectueuse, les principaux candidats, alignés sur scène par ordre aléatoire, ont répondu aux questions précises de cinq chefs d'entreprise, avec de nombreuses digressions. "C'est courageux de leur part d'être venus", remarque Jean-Philippe, patron d'une entreprise de taille intermédiaire (ETI) de Normandie, spécialisée dans l'énergie. "Même Jean-Luc Mélenchon, note-t-il, a été clair dans ses positions, autant que les entrepreneurs sont clairs aussi sur leur perception de son programme", le leader de LFI n'étant pas le favori du patronat. Jean-Philippe trouve que Marine Le Pen "a clarifié son programme, montre qu'elle évolue sur l'Europe". Cette politique résolument pro-entreprises, menée par Emmanuel Macron à partir de 2017, pâtit depuis la dissolution du manque de majorité à l'Assemblée nationale, au grand regret des chefs d'entreprise. Emilie Gamblin, qui dirige une entreprise familiale de transport à Nanterre, a jugé pour sa part le débat "intéressant", mais y a vu des candidats "en dehors de la réalité", citant Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon, qui "n'ont pas répondu aux questions, avec une stratégie de l'évitement". Selon elle, seul Gabriel Attal a fait l'effort de répondre aux questions précises de cinq chefs d'entreprise, qui étaient censées rythmer le débat. Quant à Marine Le Pen, elle l'a jugée "un peu creuse". Au total, le vote d'Emilie Gamblin balance "entre Edouard Philippe et Gabriel Attal".Thierry Romanos, "dans le tourisme" à la Guadeloupe, a pour sa part été déçu : "le débat était intéressant mais on ne parle pas des attentes" de l'outre-mer, regrette-t-il, "qui apparaît toujours comme une variable d'ajustement dans le budget". Quant à Laurent, à la tête d'une ETI industrielle dans les Hauts-de-France, il "n'a pas vu beaucoup d'hommes d'Etat" sur la scène. "Il faut savoir monter d'un étage quand on veut être président de la République", selon lui.