Lunette protectrice au visage et « caps d’acier » aux pieds, Éric Duhaime a commencé sa campagne dans la chaleur écrasante de l’usine Prévost de Sainte-Claire. Les poignées de main franches et les acquiescements approbateurs échangés avec le personnel rencontré sur le plancher confirment ce que les sondages perçoivent déjà depuis plusieurs semaines : le chef conservateur et ses idées, ici, se trouvent en territoire allié.« Il va rentrer fort dans Bellechasse, expliquait le technicien-monteur Jimmy Croteau entre deux échos de soudage. On a la mémoire longue, ici : on va s’en rappeler, des promesses brisées de la CAQ. »Au fil de la discussion, le travailleur relate sa désillusion face au troisième lien, mais aussi sa déception plus large envers un « système qui ne marche plus et qu’il faut changer ». Cette amertume se trouve au cœur du discours que le chef conservateur a l’intention de répéter tout au long de la campagne : il y a quatre partis qui proposent de « continuer à tourner en rond », et seuls les conservateurs proposent de réformer le « vieux modèle bureaucratique québécois ».Il faudra néanmoins, pour convaincre l’électorat indécis, chasser les fantômes d’un passé encore récent. Jeudi, au moment de lancer officiellement la campagne, Marie-Josée Hélie et Frédéric Poulin, deux candidats dont les propos controversés sur la vaccination et l’annexion américaine du Canada ont fait surface sur la place publique au cours des derniers jours, brillaient par leur absence aux côtés du chef.« Pour moi, c’est une distraction, a expliqué le chef. Les gens, ce n’est pas d’un tweet envoyé il y a trois ans dont il nous parle, c’est du coût de la vie. Le parti conservateur, c’est un parti sérieux, un parti de solution, un parti qui propose des politiques publiques réfléchies. » À la sortie de l’usine, Éric Duhaime a rapidement embarqué dans son autocar — de marque Prévost — pour aller, en soirée, galvaniser ses troupes à Saint-Anselme, convaincu que « 2026 sera l’année des conservateurs ».